Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Robert Mascarell

croit plus que jamais à l'existence, prouvable, de la lutte des classes, qu'à celle, improuvable, de dieu

JE SUIS RELIGIOPHOBE !

C’est-à-dire que je suis aussi bien bouddhistophobe, que christianophobe, qu’islamophobe, que judéophobe, etc……..

 

Partout et toujours, les religions sont source d’intolérance, d’exploitation, de guerres.

 

Partout et toujours, elles font corps avec les pouvoirs établis.

 

Quand ce n’est plus le cas, ou quand c’est moins le cas, ce n’est pas parce que l’une ou l’autre de ces religions seraient devenues plus tolérantes, non, c’est parce que par leurs luttes, certains peuples ont plus ou moins bien réussi à prendre leurs distances avec et ont donc mis à mal leur domination.

 

Le peuple français a mis des siècles pour se libérer de l’emprise de la religion catholique. Il lui a fallu réussir sa Révolution, en 1789, et surtout la parachever en 1905, pour la ramener dans ses églises et pour qu’elle joue un rôle beaucoup moins éminent à la tête de la société civile. Jusque-là, ce ne furent que guerres de religions entre les catholiques et les protestants. Je ne parle même pas des athées. Leur sort était immédiatement scellé par leur mort.

 

Aujourd’hui, en 2020, notre pays court à nouveau le risque d’une montée en puissance de la religion. À la différence de tout ce qu’a été son histoire, ce risque est beaucoup moins endogène qu’exogène. Il est le produit des menées expansionnistes de la France, durant les siècles passés, en Afrique plus particulièrement. Sous couvert de civiliser les peuples autochtones, les colons ont surtout cherché à s’accaparer les richesses naturelles des pays africains et à soumettre par la force leurs peuples à notre culture. Corps d’armées et missionnaires catholiques se sont attelés à cette tâche, dite civilisatrice. C’était l’époque où, dans ces pays de conquêtes, les colons ne trouvaient aucune gêne à n’être qu’un pour dix autochtones. Pour ces colons, les habitants du cru n’étaient que des sauvages ou des indigènes.

 

Un ou deux siècles après, les descendants des premiers colonisés ont, tant bien que mal, conquis un semblant d’indépendance et, parlant notre langue, tout naturellement, ils ont cherché à fuir la misère dans laquelle nous les avons maintenus, en s’implantant en France. D’autant plus, que les dirigeants français se sont servi de ces peuples comme chair à canon, de 1940 à 1945, et qu’ils les ont faits venir en France, comme main d’œuvre taillable et corvéable, pour la reconstruire.

 

Si les premières générations de colonisés ont été dociles, leurs descendants, nés en France, le sont de moins en moins. Français de sol, mais mal considérés, souvent en butte au racisme, ils ont été ghettoïsés dans les cités HLM, que l’on appelle aujourd’hui les quartiers. Rejetés ou ayant le sentiment de l’être, ces Français mal aimés se réfugient dans la religion de leurs pères, mais certains, très minoritaires, entendent l’utiliser comme une arme de combat.

 

Le climat dans ces quartiers est d’autant plus délétère qu’il est exacerbé par l’état de crise permanente provoquée par la dérégulation de l’économie mondiale et donc française, depuis 1983. Chômage et précarisation généralisée, frappant toute la société française, frappent plus encore tous les Français issus de la colonisation et encore plus, évidemment, tous les étrangers.

 

Cette situation sied parfaitement à l’extrême-droite, rejointe par la droite. Elle y voit l’occasion de dresser ceux qu’elle appelle les Français de souche contre ceux qu’elle considère comme des Français illégitimes ou de seconde zone, ou, pire, comme des étrangers. La droite, dont la macroniste, s’aligne de plus en plus sur les positions de l’extrême-droite.

 

Pour la gauche républicaine, son traditionnel humanisme philosophique, son antiracisme, sa tolérance, son amour de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, sa sensibilité sociale, la poussent à analyser la situation dans ces quartiers d’une manière beaucoup plus nuancée que la droite et l’extrême-droite. Elle donne donc l’impression d’un plus grand laxisme, voire d’une certaine complicité avec les fauteurs de trouble.

 

Le problème, c’est que la fidélité à nos principes va jusqu’à nous faire trop souvent oublier ce qui est une des autres marques de fabrique de la gauche républicaine et anticapitaliste. Notre gauche s’est constituée autour de sa volonté de fonder une République sociale et laïque, complètement séparée de l’influence de toutes les religions. Nos glorieux devanciers n’ont donc eu de cesse de se distancier des religions et même de vouloir les affaiblir. En tout cas, de ne rien faire qui puisse les renforcer.

 

Mais voilà qu’avec l’immigration venue des pays arabes et d’une partie de l’Afrique noire, nous n’en sommes pas seulement à vouloir bien accueillir les Arabes et les Africains, ce qui, évidemment est tout à fait naturel. Non, nous voulons aussi, au nom de l’égalité, aider les croyants de confession musulmane à accéder à la capacité d’exercer leur culte dans des conditions les plus proches possibles de celles des chrétiens et des juifs.

 

Eh bien, non ! L’athée et le laïque que je suis ne peut se résoudre à permettre à une quelconque religion de se développer. Nos ancêtres ont trop bataillé pour réduire l’influence des religions dominantes en France depuis des siècles, pour que je participe de la moindre des manières au développement d’une nouvelle religion. Soit-elle devenue la deuxième en nombre d’adeptes.

 

Loin de moi l’idée de vouloir interdire aux croyants de pratiquer leur culte, mais ça doit être sans l’aide de l’État français et des collectivités locales, ou d’une puissance étrangère. Qu’ils puisent dans leurs propres deniers.

 

Depuis qu’après avoir été enfant de chœur dans l’église de mon village languedocien natal, j’ai refusé de faire ma communion solennelle, j’ai résolu de n’avoir plus aucune relation avec l’une quelconque des religions. Près de 70 ans après cette résolution, je n’y ai jamais dérogé. Il m’est donc impossible d’envisager de manifester aux côtés d’organisations confessionnelles, en tant que telles. Je suis surtout islamistophobe, au sens où je suis même pour l’interdiction pure et simple de leurs organisations, mais je suis aussi islamophobe, comme je suis christianophobe et judéophobe, au sens où je suis pour l’affaiblissement de toutes ces religions, tout en étant favorable à leur existence et à la liberté de croire, tant qu’elles respecteront ma liberté de ne pas croire.

 

Ma manière d’être dans la vie veut que je sois totalement indifférent à l’éventuelle appartenance religieuse de mes interlocuteurs (trices), comme à leur couleur de peau, à leur nationalité,…... Ce qui m’importe, c’est seulement leurs qualités intrinsèques.

 

Manifester contre toutes les formes de racisme et de xénophobie aux côtés de tous ceux qui en sont victimes, d’où qu’ils viennent, quelles que soient leur nationalité, leur couleur, leur religion ou leur non-religion suffit à ma façon d’envisager ma solidarité avec eux. Mais me demander d’aider à la pratique religieuse des uns et des autres, même au nom de l’égalité, m’est impossible. Qu’ils se débrouillent avec leurs seuls moyens.

 

Voilà pour mes principes personnels.

 

Quid de l’approche de cette question par l’organisation politique dont je suis un adhérent, le Parti de gauche, et par le mouvement dans lequel le PG inscrit son action, LFI ? Hormis dans les sites à fortes concentrations de musulmans, Français ou étrangers, cette question ne fait pas débat, ou si peu. Dans l’Aveyron, par exemple, où je vis depuis 1997, ce débat ne figure même pas à l’ordre du jour de nos réunions. Je suppose qu’il en va différemment en Seine-Saint-Denis.

 

Je dois reconnaître que trop souvent, à mon avis, mes camarades du 93 abordent la question de nos relations avec les habitants arabes et africains de leur département, qu’ils soient français ou étrangers, par le prisme de la religion, là où ils devraient rester exclusivement sur le terrain de la condamnation du racisme dont, incontestablement, ils sont victimes. D’où l’exploitation que font nos adversaires politiques de ce qu’ils appellent nos complaisances avec les islamistes.

 

Plus nous allons nous rapprocher de l’élection présidentielle, moins notre camp va pouvoir échapper à un nécessaire et strict retour à nos sources laïques, d’où toute mansuétude à l’égard du moindre signe religieux devra être écartée. Sauf à prendre le risque de perdre bien de nos soutiens.

 

La laïcité signifie l’acceptation de l’existence et de la pratique de tous les rites religieux, comme la possibilité pour l’athéisme et l’agnosticisme d’avoir droit de cité. Cela ne peut signifier que dans la formation politique que je chéris, nous fassions chorus avec les religieux d’une religion, certes injustement maltraitée en France, pour qu’elle ait les mêmes possibilités de s’épanouir que les autres religions du Livre.

 

Plus s’affaibliront les religions, mieux se portera l’humanité !

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article