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Publié par Robert Mascarell

Quand des dirigeants d’un grand pays, malheureusement soutenus par une majorité du peuple, en arrivent à traiter tout un peuple de « fainéants », de « tricheurs », de « fraudeurs », voire de parasites. Quand ils en sont à vouloir expulser un pays de l’Europe, parce que ses dirigeants, élus démocratiquement, leur tiennent tête, vous pouvez être assurés que ces dirigeants charrient dans leur tête une idéologie fasciste, inavouée parce qu’inavouable.

Quand, en plus, ces dirigeants sont à la tête de l’Allemagne, il y a de quoi avoir froid dans le dos, eu égard à l’histoire de leur pays. Ceux-là sont prêts, comme leurs devanciers, à vouloir assouvir leur soif de puissance, de domination, au mépris, évidemment, des peuples voisins.

La différence, non négligeable, entre les dirigeants allemands des années 30 et ceux d’aujourd’hui, c’est que dans ces terribles années là, les dirigeants misaient tout sur la force brutale des armes, alors que ceux d’aujourd’hui misent tout sur la force feutrée de la finance. Mais le résultat est le même. Ils veulent mettre l’Europe à leur botte.

L’autre analogie, c’est que ces responsables agissent avec le soutien de la majorité de leur peuple. Comme si tous ces gens n’avaient rien appris et/ou retenu de leur histoire.

Comme dans les années 30, la puissance de l’Allemagne fascine. Aujourd’hui, un grand nombre de responsables politiques et économiques européens sont tout autant fascinés qu’il y 80 ans. Les dévots européens se recrutent principalement dans le patronat, dans la droite, mais aussi dans le mouvement social-démocrate. Il y a 80 ans, ces dévots avaient pour slogan : « Plutôt Hitler que le Front populaire ». Aujourd’hui, au nom de la compétitivité, tous les peuples doivent nécessairement s’aligner sur le modèle allemand.

En 1939, cela s’est traduit par des actes de trahison de tout ce beau monde. Ce même monde en est là aujourd’hui. Pour l’heure, la passivité des peuples européens est identique à celle des années 30, voire 40, laissant la porte ouverte à toutes les dérives.

Et le pire reste à venir. Avec une puissance économique aussi gigantesque, l’Allemagne est à la veille de pouvoir décider de se doter d’une armée à la hauteur de ses ambitions dominatrices. Ses moyens financiers le lui permettent. Personne, parmi ce monde, ne pourra l’en empêcher, ni peut-être même n’en aura envie.

Un fanatique est déjà à la tête de son économie : Wolfgang Schäuble. Un fanatique de la même espèce peut surgir, mais dans le domaine militaire.

J’imagine que quelques-uns d’entre vous vont me taxer de germanophobie. Par avance, je récuse une telle accusation.

Un fait me paraît incontournable : la majorité du peuple allemand semble être sur la ligne de Wolfgang Schäuble, mais heureusement ce n’est pas tout le peuple allemand.

En Allemagne, comme dans toute l’Europe, des minorités sauvent l’honneur de leur pays. C’était le cas dans les années 30 et 40, c’est aussi le cas aujourd’hui. Il y a 80 ans, celles-ci subissaient une répression d’une brutalité exceptionnelle, allant souvent jusqu’à l’assassinat. Surtout, si en plus, les opposants étaient juifs et/ou communistes. Aujourd’hui, rien de tout cela. Les minoritaires n’ont affaire qu’à une meute médiatique impressionnante. Mais quelle efficacité.

Honneur à Die Linke (l’équivalent du Front de gauche), à la plupart des Verts, à la petite minorité du SPD qui osent braver cette meute et tiennent un discours en faveur d’une Europe sociale et solidaire.

Nos luttes pour cette Europe-là, en France, comme en Allemagne, comme en Grèce, comme dans toute l’Europe, convergeront nécessairement un jour.

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