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Publié par Robert Mascarell

Depuis des mois, les employeurs, via les dirigeants du MEDEF et de la CGPME, ne cessent de tenter d’apitoyer les Françaises et Français sur leurs malheurs. Ils seraient écrasés d’impôts. Le coût du travail serait trop élevé. Ils souffriraient d’un manque cruel de visibilité les empêchant d’investir pour l’avenir. Tout cela alors que les dividendes versés aux actionnaires ont considérablement augmenté pour les entreprises du CAC 40, mais pas seulement.

Manque de visibilité. Oui, vous avez bien lu : les patrons sont victimes d’une forme certaine de précarité. Et ils s’en plaignent. A juste titre.

Tiens, tiens, cela ne vous rappelle rien ? Allez, faites un effort de mémoire. Si je vous dis Laurence Parisot, l’ex n° 1 du MEDEF, ça vous éclaire ? Mais c'est bien sûr ! C’est elle qui, en 2005, avait déclaré : « La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ? »

Voilà une nouvelle version de l’arroseur arrosé.

Il faut donc que les mêmes, qui se plaignent de l’incertitude de leurs lendemains et en prennent prétexte pour ne pas investir, nous disent pourquoi la précarité et la flexibilité seraient bonnes pour les salariés.

La réalité, mieux, le réalisme, c’est que la précarité ce n’est bon ni pour l’économie, ni pour les humains. Toutes celles et ceux qui se reconnaissent dans le Front de gauche, mais également dans le NPA et LO, en sont convaincus depuis toujours. Les syndicalistes non-signataires de l’accord scélérat de janvier 2013, abusivement baptisé de « sécurisation de l’emploi », aussi.

En mars 2006, dans un billet, que j’avais humoristiquement intitulé : « Vive la pêche, la chasse, la cueillette,…. », j’écrivais : « ….avant même d’être engagés à la tête de telle ou telle entreprise, les futurs cadres-dirigeants négocient les conditions de leur départ, sous forme de stocks-options et d’indemnité de licenciement pharamineuse. Souvenez-vous de Jean-Marie Messier (Vivendi), de Philippe Jaffré (Elf) et de Daniel Bernard (Carrefour). Et ce, même quand leur entreprise, sous leur direction, enregistre de mauvais résultats.

Au fait, depuis l’aube des temps, les hommes ont toujours cherché à se prémunir de la précarité de la vie, par l’agriculture, pour ne plus subir les aléas de la cueillette, par l’élevage, moyen d’alimentation plus sûr que la chasse ou la pêche, par la recherche médicale, plus efficace que les remèdes de grand-mère ou des guérisseurs,…..

Alors, s’il te plaît, peuple ami de France, n’accepte plus de percevoir le RMI, les indemnités de chômage, dont tu dois d’ailleurs être un peu responsable, et consent à travailler sans aucune règle, et si possible sans salaire. Retrouve les joies de la cueillette, de la chasse, de la pêche, des remèdes de grand-mère. Tu en mourras en pleine jeunesse, mais notre chère vieille France sera guérie de ses maux…… ».

Sept ans et demi après, je n’ai pas un mot à changer.

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