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Publié par Robert Mascarell

Le citoyen ordinaire en question n’est autre que l’auteur de ces lignes et bien que très averti sur les méfaits de ce système économique, je viens d’en être victime concrètement, à plusieurs reprises.

Je vais donc vous narrer mes malheurs.

Le premier remonte à l’année 2007. Avec mon épouse, nous avons décidé de faire carreler notre terrasse de 105 m² et en même temps de faire l’étanchéité. Nous avons confié les travaux à une petite entreprise de Séverac-le-Château, ayant une annexe à Rodez. Nous fournissions les carreaux en terre cuite. Hors carrreaux, le devis s’est élevé à 9 000 euros. Nous l’avons accepté.

Notre artisan à sous-traité les travaux à un plus petit que lui. Les carreaux ont été correctement posés, mais tout s’est gâté au moment de leur jointoyage. Le poseur, ne tenant aucun compte que les carreaux étaient faits de terre cuite, a étalé sur toute la surface de la terrasse une préparation rougeâtre très liquide avec une spatule de caoutchouc pour remplir les joints. Une bonne partie de cette laitance a été absorbée par les carreaux. Résultat, une fois sec, tous les carreaux sont apparus très tachés. Devant la catastrophe, l’artisan-poseur a essayé de corriger sa faute, en vain. Devant notre mécontentement, il nous a alors informé que l’étanchéité n’avait pas été réalisée selon les règles de l’art, sur ordre de l’artisan avec qui nous avions contracté.

Le donneur d’ordre était d’accord pour reposer d’autres carreaux, à la charge du sous-traitant, mais comme nous lui avons fait remarquer que de toute façon nous exigions que soit refaite l’étanchéité, l’artisan-donneur d’ordre a jugé plus prudent de s’évanouir dans la nature, en quelques jours il n’y a plus eu d’abonné à ses numéros de téléphones portable et fixe.

Nous n’avions plus que la ressource de le traduire en justice, avec la certitude d’obtenir gain de cause, non sans qu’auparavant le tribunal ordonne une expertise dont nous aurions dû avancer les premiers fonds, compte tenu de la disparition de notre artisan. Si bien que nous n’aurions jamais pu faire exécuter le jugement, sauf à payer en plus un détective pour le retrouver, sans garantie qu’il y parvienne et si oui, avec la quasi certitude que notre artisan aurait organisé son insolvabilité.

Nous avons donc renoncé à ester en justice.

Mais, allez-vous me dire, quel rapport cette malheureuse affaire a avec le libéralisme ? Avant de vous le dire, je vais vous conter un deuxième malheur.

En juillet 2007, nous avons décidé de marier l’écologie et l’économie. Nous avons donc décidé de faire poser une pompe à chaleur réversible air-eau. Le vendeur a mis en avant que ce système de chauffage-refroidissement serait amorti en environ 5 à 7 ans, compte tenu des augmentations incessantes du prix du fuel, dont nous étions gros consommateurs. Le vendeur a aussi fait valoir que nous bénéficierions d’un crédit d’emploi équivalent à 50 % de l’investissement, hors pose. Soit la moitié de 13 675 €.

La pose a été effectuée en novembre 2007. La pompe à chaleur devait être couplée à notre chaudière à fuel, et devait en commander sa mise en marche les jours de grands froids.

Juste avant la fin des travaux, je me suis enquis de savoir comment, l’été venu, j’allais pouvoir profiter de la fonction refroidissement de la pompe à chaleur. S’en est suivi, devant moi, un débat entre l’artisan-poseur et le technicien représentant le fabricant de la pompe à chaleur, chargé d’agréer l’installation. Le poseur affirmant qu’il suffisant d’allumer la chaudière et de régler la température à un bas niveau pour que l’eau refroidie soit envoyée dans mon plancher chauffant (refroidissant).

Le technicien affirmant que si nous procédions ainsi nous détériorerions la chaudière. C’est évidemment le technicien qui a raison. Le poseur a donc accepté de modifier son installation de telle manière que l’eau de refroidissement ne passe pas par la chaudière. Il a été convenu qu’il ferait la modification, à sa charge, à la fin du printemps 2008, coïncidant avec la fin de la période de chauffage.

Le moment venu, nous avons appelé notre installateur. Et là, patatras, il venait juste de déposer le bilan. Nous n’avions plus qu’à faire faire le travail, à notre charge, par un autre artisan. Du même coup, l’installation n’est plus garantie. Et comme si cela ne suffisait pas, en cette fin de mois de juillet 2008, nous apprenons que, revenant sur ses engagements, le gouvernement remettait en cause son engagement d’accorder un crédit d’impôts sur les pompes à chaleur. Des particuliers comme nous sont sommés de rembourser les crédits d’impôts qu’ils avaient déjà perçus.

Vous attendez toujours la relation avec le libéralisme ? Patientez, la démonstration arrive, mais avant, je vais vous conter un quatrième malheur.

Il y a quelques années, nous avons fait traiter notre charpente de bois contre les divers capricornes et autres termites.

En juillet 2008, à la faveur d’un contrôle gratuit de notre isolation, le technicien qui, pour ce faire, est monté dans les combles, a constaté par la même occasion, que le traitement de la charpente n’avait pas été fait dans les règles. Un petit bout de la charpente lui est d’ailleurs tombé sur la tête. Il nous a recommandé d’appeler l’entreprise qui a fait le travail, d’autant plus que ce genre d’intervention est couvert par une garantie décennale. Nous avons appelé aussitôt. Comme pour notre premier malheur, les numéros de téléphone que nous avions n’étaient plus attribués. Il ne nous reste plus que les yeux pour pleurer.

La multiplication de nos mésaventures me permet de mettre en cause notre système économique.

L’actuel gouvernement, emboîtant le pas de ses prédécesseurs, mais à un rythme plus échevelé, veut à tout prix nous convaincre que le secteur public n’est pas efficace, qu’il est trop coûteux, qu’il n’est pas compétitif, qu’il faut s’adapter à l’évolution de l’économie mondiale. A l’inverse, il pare le secteur privé de toutes les vertus. D’ailleurs, n’incite-t-il pas des chômeurs naïfs ou désespérés à créer leur propre entreprise. A leurs risques et périls, mais également aux risques et périls de leurs clients.

Le travail effectué par un service public, même mal fait, ne laisse pas l’usager sans recours. Alors que dans tous les cas que je viens de vous narrer, les travaux comme les équipements ne sont plus garantis. Les possibilités de recours sont quasi inexistantes.

A tout le moins, l’Etat, dont les dirigeants nous impose leur système libéral, devrait garantir tous les consommateurs contre les accidents de parcours arrivant aux multiples entreprises qui naissent et disparaissent comme la rosée du matin. Mais c’est trop lui demander, puisqu’il n’est même pas capable de respecter ses propres engagements de crédits d’impôts.

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