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Publié par Robert Mascarell

A propos de la grève des fonctionnaires, ce 31 janvier, des économistes très sérieux, suivis par des journalistes tout aussi sérieux, libéraux il va sans dire, ont éructé sur les médias, que ce mouvement était irresponsable et que si le gouvernement accordait seulement une augmentation de salaire de 1%, cela coûterait 1 milliard 800 millions d’euros à la nation.

Voilà des économistes aussi bons qu’ils l’ont été juste avant que n’éclate la crise des subprimes. Ces grands savants ne l'avaient pas vu venir.

Le salaire n’est pas un coût, c’est une promesse de vie. Dès qu’il est perçu, le salaire est réinjecté quasi entièrement dans l’économie, sous forme d’impôts, de consommation, et, pour une petite partie, il est transformé en épargne populaire. Celle-ci est même utilisée dans la construction de logements, par exemple. Cet argent reste ainsi dans l’économie réelle.

Il est une autre dimension, dont il faut tenir compte dans le calcul économique. Un salarié ou un fonctionnaire qui se considère justement rétribué est nécessairement plus heureux et donc plus productif. Mais ça, tous nos économistes libéraux, qui n’ont qu’une calculette à la place du cœur et du cerveau, ne sont pas capables de le comprendre.

La seule réserve que l’on puisse faire à la relance par les salaires, par la consommation, ce que les « belles personnes » appellent la relance par la demande, c’est si ces dépenses se traduisent par l’achat de biens importés plutôt que de produits français. Et là, les libéraux de droite comme de gauche ont tellement œuvré ces trente dernières années pour désindustrialiser notre pays que le risque qu’il en soit ainsi n’est pas nul.

A l’inverse des salaires, je ne dirai pas des stocks-options attribués aux cadres dirigeants ou des dividendes versés aux actionnaires, qu’ils vont contribuer à faire vivre l’économie. Ceux-là, en effet, n’ont plus besoin de réinjecter ces revenus dans la consommation. Ils ont déjà tout. Quant aux impôts, ces « patriotes » s’arrangent pour n’en pas payer. Les procédés d’optimisation fiscale, comme ils disent, et les paradis fiscaux, sont là pour soustraire cet argent à la collectivité nationale. Ces revenus vont donc, pour l’essentiel, être placés sur les marchés financiers à des fins spéculatives. C’est ce que l’on appelle la bulle financière.

A l’occasion de cette grève, j’ai quand même été ému aux larmes de constater combien nos libéraux avaient le souci de l’intérêt national. Leur cœur saignait, pour notre pays, à l’évocation de cette augmentation de 1 % en faveur des fonctionnaires. Dommage qu’il n’ait pas saigné autant quand Depardieu a déserté notre pays. Mais enfin, il n’est jamais trop tard pour se raviser.

Le moment me paraît donc propice, pour faire accepter aux libéraux une règle extrêmement simple, au nom de l’intérêt national : que les salaires des salariés, ceux des cadres dirigeants, les dividendes versés aux actionnaires augmentent selon le même pourcentage. Le gouvernement pourrait même légiférer.

Je ne sais pas pourquoi, mais mon petit doigt me dit que nos libéraux vont à nouveau tourner le dos à l’intérêt national, et que le gouvernement va nous opposer une fin de non-recevoir. Je me trompe ?

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Yann 02/02/2013 21:27

Tout à fait d'accord avec toi

Robert Mascarell 04/02/2013 13:27

Salut Yann, je ne sais pas si je te connais, mais je suis heureux de notre accord.