Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Publié par Robert Mascarell

LETTRE DE ROBERT MASCARELL A PASCAL SALIN (économiste libéral)

Monsieur,

J’ai 67 ans.

A l’instant, je viens de lire l’interview que vous avez donnée au Québécois Libre, le 15-05-08 (reproduit à la fin de cet échange), sur la concurrence, les retraites, la monnaie.

En ce jour, 08/03/09, j’étais loin d’imaginer qu’un intellectuel de votre trempe ait pu aligner autant d’horreurs. Pensez-vous toujours que : “L’essentiel dans ce domaine consiste à adopter un système de retraite par capitalisation, comme l’ont fait avec succès un grand nombre de pays dans le monde.” ? Les millions de retraités américains, obligés de retravailler, apprécieront votre cynisme.

Plus loin, dans cette interview, vous osez tempêter contre “La rigidité du contrat de travail” en France, source de tous nos maux.

Je ne suis pas économiste, en revanche, je suis spécialiste du droit du travail. et à ce titre, j’affirme qu’il existe de nombreuses formes de contrats de travail. En particulier, divers contrats de travail à durée déterminée, qui donnent toutes les souplesses à l’employeur.

Je ne comprends pas comment vous pouvez oser vous aventurer sur un terrain, manifestement inconnu de vous. A moins que vous ayez délibérément travesti la vérité.

Au point 6, vous dites qu’”Il est vital pour l’Europe de lutter vigoureusement contre tout effort d’harmonisation fiscale!”.

Vous faites partie de cette catégorie d’individus, qui osent défendre que la dysharmonisation fiscale constitue l’exemple de la concurrence libre et non faussée. Ah ! certes, la concurrence est libre, mais dire qu’elle est non faussée, dépasse mon entendement. Trouvez-vous normal que la faiblesse des niveaux d’imposition repose sur l’absence totale de règles sociales, y compris pour les enfants ? Si oui, pour le cas où vous vous prétendriez croyant, je vous renvoie à votre conscience. Mais je n’ai pas beaucoup d’espoir.

A la question 7, à propos de la crise financière actuelle, vous soutenez qu’elle résulte “de l’interventionnisme des autorités publiques et elle n’est pas, contrairement à ce que l’on dit trop souvent, une preuve de l’instabilité du capitalisme.”

Je vous ai aussi entendu défendre cette thèse il y a une quinzaine de jours à l’émission de FR3 “Ce soir ou jamais”. Là, nous touchons les sommets de votre aveuglement, à l’instar des staliniens.

Vous faites comme si l’Etat était une entité déshumanisée. L’Etat est libéral quand il est dirigé par des libéraux, il est socialiste quand il est dirigé par des anticapitalistes.

Oserez-vous dire que G. W. Bush n’est pas un libéral, que N. Sarkozy ne l’est pas non plus, lui qui, en février 2007, appelait de ses voeux la généralisation des crédits hypothécaires.

Il est bien évident, qu’arrivés au faîte du pouvoir, ces hommes n’ont eu de cesse de mettre leur Etat au service des grandes entreprises et des plus fortunés. Ils ont compris que les crédits hypothécaires étaient un des moyens de contenir les salaires.

Aussi, j’affirme que tous les tenants du système capitaliste, principalement ceux occupant des postes de responsabilité, devront, tôt ou tard, payer le prix de la catastrophe de votre système chéri. Un peu, comme les communistes du monde entier, même ceux n’ayant jamais exercé le pouvoir, payent tout naturellement, aujourd’hui, le prix de leur soutien jusqu’au bout du système soviétique.

Faites-vous toujours la plus grande confiance aux capacités d’autorégulation du capitalisme, comme vous l’avez écrit dans votre article publié le 02/08/02, dans le Québécois Libre, intitulé “Le capitalisme est-il en crise ?” ?

Oserez-vous toujours prétendre que le capitalisme n’est pas en crise, mais que c’est au contraire l’étatisme ?

Je vous mets au défi d’accepter un débat public avec moi. Vous préférez parader dans les divers média, face à des journalistes qui ne prennent pas la peine de vous lire avant de vous interroger. Ou qui s’autocensurent.

Chiche !

. 1ERE REPONSE DU FACTOTUM DE PASCAL SALIN

Bonjour Mascarell Robert, quelques précisions :

1) je tiens ce blog, et je ne suis pas Pascal Salin. Je ne pense pas - malheureusement - que celui-ci lise mon blog. Aussi je ne suis pas sûr que votre message soit le meilleur moyen de le contacter.

2) votre ton est très péremptoire et nuit à votre propos. La colère peut être légitime, mais je ne suis pas sûr que Pascal Salin soit si dangereux qu'il mérite votre courroux...

3) Avez-vous accès aux médias ? Vous proposer un débat public comme si vous aviez des entrées un peu partout. Si c'est le cas, je pense que vous devriez être capable d'alerter vous-mêmes Pascal Salin, et le cas échéant le faire venir débattre avec vous...

4) en quoi votre âge apporte-t-il quelque chose à votre argumentation ?

cordialement,

1ERE REPONSE DE ROBERT MASCARELL AU FACTOTUM DE PASCAL SALIN

Monsieur,

Je ne sais qui vous êtes. Etes-vous le factotum intellectuel de Monsieur Salin ? Au contraire, vous y opposez-vous ? Je ne comprends pas le rôle joué par votre blog. Mon grand âge doit en être la cause.

Qu'importe !

Vous regrettez mon ton péremptoire. Dans le Grand Robert, est péremptoire "qui détruit d'avance toute objection ; contre quoi on ne peut rien alléguer, rien répliquer."

Je ne pense pas avoir réduit Monsieur Salin à quia. Si c'est le cas, ce n'est pas mon ton péremptoire qui en est la cause, mais l'énorme décalage entre ses écrits, décrivant le système capitaliste sous un jour paradisiaque et ce qu'il est réellement, la crise aidant.

Cela dit, je ne vais pas me dérober à ce qu'en fait vous me reprochez : mon agressivité.

Je n'oublie pas que le système cher à Monsieur Salin, à l'oeuvre depuis plus de deux siècles, a fait plus de morts que le stalinisme et le nazisme réunis. Encore que le nazisme soit un avatar du capitalisme. N'oublions pas que les grands magnats capitalistes allemands l'ont aidé à accéder au pouvoir et l'ont soutenu jusqu'au bout. Je mets sur le compte du capitalisme les morts de l'esclavagisme, du colonialisme et du néo-colonialisme, comme de toutes les dictatures, mises en place avec l'aide des Etats Unis, en Amérique latine.

Quant à Monsieur Salin, lui-même, je prends comme une insulte les propos qu'il a tenus au sujet de l'affaire Enron, dont il reconnaît que les salariés ont été des victimes innocentes, mais ajoute-t-il : "la sécurité absolue ne peut pas être donnée à tout le monde, sauf dans un monde idéal qui, ne pouvant pas exister, ne mérite pas qu'on s'y attarde." Circulez y'a rien à voir !

Il ajoute : "Cependant, le pire, pour certains de ces salariés, a été la perte de la valeur de leurs avoirs investis en actions Enron. Cela prouve, une fois de plus, qu'il n'est jamais bon de mettre « tous ses oeufs dans le même panier ». Sauf que les salariés n'ont pas beaucoup d'oeufs et n'avaient pas d'autre choix. Deuxième insulte.

Le ton péremptoire que vous me reprochez, en fait l'agressivité, me paraît bien faible en regard de ce qu'écrit Monsieur Salin. Exemple : "Quel contraste avec le monde administratif et politique où les mêmes hommes pratiquent, de manière continue et sans jamais en être sanctionnés, la corruption, le pillage des biens d'autrui et la distribution de privilèges indus!". Ainsi à l'agressivité, Monsieur Salin ajoute une troisième insulte.

Que ce Monsieur ne s'étonne donc pas de susciter des réactions comme la mienne.

Je n'ai bien sûr aucun accès aux média, mais à l'occasion de la campagne des européennes, je vais animer des réunions publiques dans l'Aveyron, où j'habite.

Quant à mon âge, j'ai cru devoir le préciser parce que j'ai quasiment celui de Monsieur Salin. Notre culture s'est donc façonnée à partir du même contexte historique et géographique. Il ne pourra pas me faire le coup de la condescendance du vieux vers le jeune.

Oh certes ! Monsieur Salin n'est pas dangereux en tant qu'individu, mais ses idées le sont. Il fait partie de cette cohorte d'"économistes" en cour dans les médias. Lui et la plupart de ses collègues (Elie Cohen, Jacques Marseille, Christian Saint-Etienne, Michel Godet, Philippe Chalmain, Jean-Marc Sylvestre,.....) sont pour beaucoup dans l'état d'abêtissement dans lequel a été plongé le peuple français. Et ils continuent à parader, malgré la faillite de leur système chéri. Tous ces personnages n'ont pas hésité à salir leur propre pays, pour lui préférer les Etats-Unis et la Grande Bretagne. Quelle réussite !

Mais je vois une petite lumière au fond du tunnel.

Amitiés.

2EME REPONSE DU FACTOTUM DE PASCAL SALIN A ROBERT MASCARELL

Bonjour,

je tiens un blog pour y dire ce que je pense. J'ai simplement de la sympathie pour les idées de M Salin.

Oui c'est votre aggressivité que je désapprouvais.

Je n'oublie pas que le système cher à Monsieur Salin, à l'oeuvre depuis plus de deux siècles, a fait plus de morts que le stalinisme et le nazisme réunis. Encore que le nazisme soit un avatar du capitalisme. N'oublions pas que les grands magnats capitalistes allemands l'ont aidé à accéder au pouvoir et l'ont soutenu jusqu'au bout. Je mets sur le compte du capitalisme les morts de l'esclavagisme, du colonialisme et du néo-colonialisme, comme de toutes les dictatures, mises en place avec l'aide des Etats Unis, en Amérique latine.

`c'est ce que j'appelle du délire.

Oh certes ! Monsieur Salin n'est pas dangereux en tant qu'individu, mais ses idées le sont. Il fait partie de cette cohorte d'"économistes" en cour dans les médias. Lui et la plupart de ses collègues (Elie Cohen, Jacques Marseille, Christian Saint-Etienne, Michel Godet, Philippe Chalmain, Jean-Marc Sylvestre,.....) sont pour beaucoup dans l'état d'abêtissement dans lequel a été plongé le peuple français. Et ils continuent à parader, malgré la faillite de leur système chéri. Tous ces personnages n'ont pas hésité à salir leur propre pays, pour lui préférer les Etats-Unis et la Grande Bretagne. Quelle réussite !

tous ces noms sont effectivement des noms d'intellectuels dont j'apprécie en général les points de vue.

Je pense que nous n'avons pas grand-chose de plus à nous dire.

Cordialement,

2EME REPONSE DE ROBERT MASCARELL AU FACTOTUM DE PASCAL SALIN

Monsieur,

Alors pour vous c'est délirer que de rappeler que les grands groupes sidérurgistes allemands ont financé l'accession d'Hitler au pouvoir et l'ont ensuite soutenu ? Non, c'est une vérité historique. C'est du délire que d'affirmer que le capitalisme a enfanté le colonialisme et le néo-colonialisme ? Non, c'est une vérité historique. Et à propos de l'esclavagisme, s'il existait bien avant le capitalisme, celui-ci s'en est bien accommodé. Particulièrement aux Etats-Unis. Donc là encore, je ne délire pas.

C'est du délire que d'affirmer que le gouvernement des USA a porté Pinochet au pouvoir ? Non, c'est une vérité historique.

Est-ce que je délire si j'ajoute que Pinochet a été directement conseillé par Friedrich Hayek et Milton Friedman, dont se réclame votre idole, Pascal Salin ?

Votre insulte me conduit à penser que, à la manière des staliniens, vous me colleriez bien dans un asile psychiatrique. Il est tellement plus facile d'insulter que d'affronter les vérités historiques.

Mais ne vous en faites pas, votre maladie se guérit bien avec un peu d'honnêteté intellectuelle.

Au fait, dans le bestiaire des "économistes" libéraux, j'ai oublié Philippe Manière, Nicolas Baverez et Dominique Rénier. Je ne doute pas que eux aussi ont votre sympathie.

Si par hasard, vous vous réfugiez dans le silence, j'en conclurai que je vous ai poussé à quia.

A vous lire, peut-être.

3EME REPONSE DU FACTOTUM DE PASCAL SALIN A ROBERT MASCARELL

Bonsoir,

je n'ai aucune envie de vous coller dans un asile psychiatrique, je ne sais pas où vous avez pu pécher une idée pareille ?

Il se trouve seulement qu'en deux mails vous m'avez aligné tous les clichés de l'extrême gauche anti-capitaliste. Je respecte votre liberté de penser et de vous exprimer, mais je n'ai aucun devoir envers vous. Venez discuter sous les billets de mon blog ils sont faits pour ça. J'y engagerai la discussion bien volontiers, le cas échéant.

cordialement,

3EME REPONSE DE ROBERT MASCARELL AU FACTOTUM DE PASCAL SALIN

Monsieur,

C'est encore plus grave que je ne pensais. Vous n'avez même pas conscience de la gravité de vos propos.

En règle générale, les gens accusés de délire finissent à l'asile. Et vous vous demandez où j'ai pu pêcher une idée pareille ?

Avant la thérapie que je vous propose dans ma précédente réponse, il faut absolument que vous appreniez la langue française pour utiliser les mots à leur juste poids. A la manière inconsidérée dont vous usez de notre langue, je ne m'étonne pas que vous ayez une idée faussée de l'histoire. Vos non réponses à mes rappels historiques précis sont le signe de votre impuissance ou de votre ignorance.

Je vais aller visiter votre blog, assidûment.

Salutations

4EME REPONSE DU FACTOTUM DE PASCAL SALIN A ROBERT MASCARELL

je crois que vous mettez un poids excessifs dans les mots : mais cela est peut-être du à une pratique différente de l'écrit. Je suis d'une génération où l'on écrit peu de courrier, et où l'écrit est plus à mi-chemin entre l'oral et l'écrit. Peu importe.

Quand je parlais de délires, c'était pour dire que je trouvais que vos propos étaient faux et non-étayés. Je précise par ailleurs, et c'est important que je n'ai pas pour habitude de vouloir faire interner toute personne qui ne pense pas comme moi, quand bien même je pense qu'elle "délire"...je suis plus ouvert que cela, au risque de vous décevoir.

N'hésitez pas à revenir aussi souvent que vous voulez sur mon blog : j'y accueille généralement bien tout le monde, même ceux avec qui je suis en profond désaccord.

cordialement,

Interview de Pascal Salin dans le « Québecois Libre » du 15-05-08 sur la concurrence, les retraites et la monnaie

3 . En Roumanie, on vient de passer d'un système de pensions basé sur un seul pilier – les pensions publiques, d'État – a un système avec trois piliers: pensions publiques, pensions obligatoires en administration privée et pensions privées facultatives. Que fait la France de ce point de vue?

La France est un très mauvais exemple. Il existe essentiellement un système public de retraites qui conduit à des décisions arbitraires et injustes de la part de l'État, et des compléments de retraite privés qui n'ont qu'un rôle limité.

L'essentiel dans ce domaine consiste à adopter un système de retraite par capitalisation, comme l'ont fait avec succès un grand nombre de pays dans le monde. Un système de capitalisation repose sur la responsabilité personnelle, puisque chacun sait que son niveau de vie, lorsqu'il sera à la retraite, dépend de son effort d'épargne au cours de sa vie. Dans un système de répartition on est plus irresponsable, puisque ce niveau de vie ne dépend pas de son propre effort d'épargne, mais de ce que l'État obligera les actifs à payer aux retraités.

5. La France et la Roumanie ont encore un point commun: le chômage accentué parmi les jeunes. À votre opinion, quelle est l'explication de cette similitude entre les deux pays?

Je ne connais pas suffisamment bien les caractéristiques du système roumain pour effectuer une comparaison entre la Roumanie et la France. En tout cas, dans le cas de la France, on peut évidemment évoquer les carences de l'éducation ou le manque de motivation de certains jeunes. Mais il me semble surtout essentiel de souligner deux obstacles à l'emploi des jeunes:

• L'existence d'un salaire minimum obligatoire. Un jeune qui commence à travailler a, en général, une productivité faible et il doit passer par une période d'apprentissage. Si sa productivité est plus faible que le salaire minimum, il ne sera pas embauché. La suppression du salaire minimum peut apparaître comme une mesure anti-sociale, mais elle en est exactement le contraire. Ce qui est important c'est de permettre à un jeune d'entrer sur le marché du travail, d'améliorer ainsi sa formation et sa productivité et d'être capable d'augmenter régulièrement son revenu. Le salaire minimum – créé pour des raisons démagogiques – est en fait une terrible barrière à l'emploi des jeunes.

• La rigidité du contrat de travail. Celui-ci rend très difficile et très coûteux le licenciement d'un salarié par une entreprise. Par conséquent, les employeurs potentiels hésitent avant d'embaucher un jeune qui a peu d'expérience et dont on ne sait pas à l'avance dans quelle mesure il sera capable de s'adapter au travail qu'on pourrait lui proposer.

6. La France et l'Allemagne soutiennent depuis quelques temps la nécessite de l'harmonisation de la législation fiscale au niveau de l'Union Européenne. Est-ce que cela veut dire que la France et l'Allemagne envisage la généralisation de l'impôt à taux unique (flat tax) à tous les pays de l'Europe, comme en Roumanie ou Slovaquie?

La concurrence est toujours bonne, elle l'est dans le domaine de la fiscalité comme dans tous les autres domaines. En effet, la concurrence permet d'avoir une diversité d'expériences et on apprend donc des expériences d'autrui. L'harmonisation fiscale nous priverait de ce processus d'apprentissage. De ce point de vue, l'adoption de la flat tax (impôt non progressif) par la Roumanie, la Slovaquie, l'Estonie et d'autres pays d'Europe est un exemple formidable, car ses conséquences économiques positives sont indéniables. Les gouvernements de pays comme la France ou l'Allemagne n'ont malheureusement pas encore été convaincus par ces exemples, mais au lieu d'adopter la même solution, ils craignent la concurrence de ces autres pays et ils réclament l'harmonisation fiscale, précisément pour mettre fin à la concurrence efficace des pays qui ont adopté la flat tax! Il est vital pour l'Europe de lutter vigoureusement contre tout effort d'harmonisation fiscale!

7. Le directeur général du FMI a parlé de la surappréciation de l'euro, en disant aussi que la BCE [Banque centrale européenne] « se débrouille pour contrôler l'inflation », mais, en même temps, « il n'y a aucune contrepoids a l'action de la BCE, sous la forme d'un ministre des Finances de l'UE, qui soit responsable de l'avance de l'économie ». Comment interprétez-vous cette déclaration?

Ce n'est pas parce que Dominique Strauss-Kahn est directeur général du FMI qu'il a raison. Il partage en fait le préjugé fréquent selon lequel on pourrait stimuler l'activité économique en créant de la monnaie. Mais ceci n'est qu'une illusion. À plus ou moins long terme, la création monétaire n'a pour conséquences que l'inflation – toujours nuisible – et la création de « bulles financières ». À ce sujet, il est nécessaire de souligner que l'actuelle crise financière est la conséquence de la politique déstabilisante de la Banque centrale américaine (Fed). Elle résulte donc de l'interventionnisme des autorités publiques et elle n'est pas, contrairement à ce que l'on dit trop souvent, une preuve de l'instabilité du capitalisme.

Quant à la BCE, elle a eu une politique monétaire plus sage. Son président, M. Jean-Claude Trichet, défend à juste titre l'idée que la banque centrale a un seul objectif: empêcher l'inflation (qui est d'ailleurs déjà trop élevée dans la zone euro). Il résiste donc aux pressions politiques en faveur d'une baisse de taux d'intérêt. L'existence d'un ministre des Finances de l'UE risquerait d'influencer la politique monétaire dans la voie démagogique de la création monétaire et de la politique de bas taux d'intérêt.

Article de Pascal Salin dans le « Québecois Libre » du 02/08/02 : Le capitalisme est-il en crise ?

Dans le débat éternel qui oppose les défenseurs du marché aux partisans de l'interventionnisme étatique, les événements semblent donc donner raison aux seconds. Cette conclusion nous paraît pourtant bien hâtive et nous pensons au contraire que ces expériences récentes devraient logiquement conduire à une plus grande confiance dans les capacités d'autorégulation du capitalisme. Tous ceux qui portent un jugement sur le fonctionnement d'un quelconque processus social devraient appliquer la règle d'or selon laquelle on ne peut pas tirer un enseignement général d'un événement particulier. C'est pourtant exactement cette erreur logique qui est allègrement faite par tous ceux qui proclament la faillite ou, tout au moins, l'instabilité du capitalisme en observant les difficultés de quelques grandes entreprises, comme si ces quelques entreprises représentaient le capitalisme mondial!

Il a suffi que quelques-uns de ses milliers d'employés aient, semble-t-il, cautionné les manipulations comptables d'Enron pour que la firme disparaisse à l'échelle du monde! Il y a là un des plus extraordinaires exemples de l'autorégulation – on serait tenté de dire de l'autorégulation morale – du capitalisme. Quel contraste avec le monde administratif et politique où les mêmes hommes pratiquent, de manière continue et sans jamais en être sanctionnés, la corruption, le pillage des biens d'autrui et la distribution de privilèges indus!

Commenter cet article