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Publié par Robert Mascarell

Ci-après, je reproduis une lettre que j'ai envoyée au bâtonnier de l'ordre des avocats de la ville où j'interviens, bénévolement, en défense des salariés devant les juridictions sociales contre leurs employeurs, sur mandat de mon organisation syndicale préférée : la CGT.

Le contexte de cette lettre vient d'une plainte portée contre moi auprès du procureur de la République par l'avocat de l'employeur de la salariée que je défendais, L'avocat me reprochant de m'être laissé aller, dans mes conclusions (plaidoirie écrite), à une contrepèterie (le choix dans la date). A vous d'inverser les initiales.

J'ai donc décidé de lui répondre ironiquement et humoristiquement en réutilisant, en situation, la contrepèterie incriminée, mais ce coup-ci sans la souligner lourdement.

le 14 mai 2001

Robert Mascarell

à

Maître Elian Gaudy

Bâtonnier de l’Ordre

Affaire : X contre Y

Monsieur le bâtonnier et cher maître,

Suite à votre lettre du 4 mai en cours, relative à l’usage, dans mes conclusions concernant l’affaire citée en référence, de l’expression «contrepèteurs s’abstenir», que vous baptisez fautivement «assertions», alors que loin d’être assertive, cette expression est plus proche de ce que les grammairiens appelle une apposition (pour vous être agréable, je veux bien mettre cette erreur sur le compte d’un lapsus calami), je tiens à vous dire qu’en dépit de tout le respect que je vous porte, je ne comprends pas bien ce qui vous a amené à accepter de vous ériger en donneur de leçon de morale, courant au secours de son collaborateur : Maître Cédric Galandrin.

Croyez bien que si je n’ai pas lieu d’être fier de m’être laissé aller à ce trait d’humour, je n’ai pas lieu non plus de me couvrir ou de me laisser couvrir d’opprobre. Croyez bien également, que la justice est à ce point sérieuse à mes yeux, que je mets un point d’honneur à ne pas en entraver le cours. Ainsi, lorsqu’après que l’on m’ait laissé le choix dans la date je prends des engagements devant les juges prud’homaux, je m’efforce de les respecter au jour près. Si cela ne m’est pas possible, je présente mes excuses à mon contradicteur.

J’aimerai qu’il en soit de même en retour. Or, vous n’êtes pas sans savoir que, dans l’affaire citée en référence, votre cabinet s’était engagé à nous transmettre ses conclusions et pièces le 10 avril dernier. Nous ne les avons reçues que le 11 mai en cours, non assorties d’excuses, naturellement.

Pour conclure, je vous propose de méditer sur cet aphorisme de mon cru : La vie ! C’est tellement sérieux et éphémère, qu’il vaut mieux la conduire avec le sourire ou, 2ème version, sans se prendre au sérieux. Mais peut-être trouverez-vous qu’il est aussi ordinaire que mes saillies humoristiques. S’il y a une prochaine fois, j’essaierai de faire mieux. A l’heure où je vous écris, mon esprit balourd n’arrive pas à mettre au point une contrepèterie idoine. Je ne désespère pas d’y parvenir d’ici à notre prochaine rencontre, que n’en doutez pas j’attends avec plaisir.

Il va de soi que je transmets une copie de cette lettre à Monsieur le président du Conseil de prud’hommes de XXXX (section activités diverses) et à Madame le procureur de la République. Puisqu’aussi bien, vous n’avez pas hésité à distraire une partie de leur temps précieux pour leur faire part d’une affaire pouvant manifestement troubler l’ordre public et mettre à bas les fondements de la justice.

Humoristiquement vôtre, je vous prie d’agréer, Monsieur le bâtonnier et cher maître, l’expression de ma considération la plus haute.

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