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Publié par Sorman/Mascarell

Comment l'Europe perd la boule

Pire que la récession économique, depuis 2008, ont été les réactions irrationnelles et excessives à cette crise. La démission simultanée de la classe politique toute entière, en Grèce et en Italie, ne sont que les symptômes d'une menace sérieuse à la fois sur nos économies, notre démocratie et notre Europe. Il est grand temps de retrouver ses esprits et de proposer des analyses à la fois raisonnables et applicables, à la mesure de la crise : ni réaction excessive, ni démission, mais un retour au sens commun.

Rappelons tout d'abord que la crise financière de 2008, née aux Etats-Unis, était grave mais pas mortelle et, en tout cas, d'une intensité très inférieure à ce que le monde avait connu en 1930 et en 1974. La récession ne dure et ne s'aggrave qu'en raison des remèdes disproportionnés qui furent appliqués depuis 2008, à l'initiative du gouvernement des Etats-Unis : une relance par la dépense publique que, par paresse de l'esprit sans doute, les Européens ont suivi. Cette relance, nous assurent les ultimes Keynésiens, nous aurait épargné le pire : la récession aurait été plus profonde encore si les Etats n'y avaient pas englouti l'argent des contribuables ! On ne pourra jamais prouver l'efficacité théorique de la relance, mais nous avons la preuve incontestable sous les yeux, que son prix a dépassé les ressources disponibles aux Etats-Unis comme dans l'Europe du Sud.

Soyons honnêtes : les déficits publics ne sont pas seulement la facture de la relance. Celle-ci s'additionne à des années de gestion laxiste qui conduisent à s'interroger sur le fonctionnement même de nos démocraties. Celles-ci vivent à crédit, en permanence, non pas pour "stimuler" l'économie mais pour acheter les suffrages des électeurs. C'est bien la multiplication des promesses électorales et la création d'emplois publics sans nécessité absolue qui, d'année en année, creusent les déficits, quel que soit le parti politique au pouvoir. Pire, chaque élection conduit à une surenchère. Pire encore, les avantages sociaux en tout genre, dont bénéficient les Européens et que les Américains nous envient, furent configurés à une époque où la démographie était dynamique et la croissance forte. Les politiciens pouvaient donc multiplier les promesses puisque la génération suivante, plus nombreuse et plus prospère, serait à même de rembourser. La tendance démographique et économique s'étant inversée, le remboursement de la dette est devenu mathématiquement hors d'atteinte, sauf à s'endetter encore plus à des taux d'intérêt qui s'envolent.

Dans ces circonstances, les dirigeants des grands partis italiens et grecs ont choisi de déserter et de s'en remettre à des technocrates. Ce qui est particulièrement troublant dans ces deux pays qui ont une tradition pas si ancienne d'autoritarisme, fascisme en Italie et dictature militaire en Grèce. Devrait-on aussi s'inquiéter pour la démocratie espagnole ? Par-delà le risque théorique encore, d'une tentation autoritaire, on observera que le recours à des technocrates ne résoudra rien : ceux-ci ne disposent pas d'élixir magique qui ferait disparaître les dettes. Ils devront agir exactement comme le ferait un gouvernement démocratique, en réduisant les dépenses publiques de manière à libérer l'investissement privé, et en ramenant les protections sociales à un niveau compatible avec les contraintes démographiques et les ressources disponibles. Le seul avantage théorique du technocrate, c'est que, n'étant pas élu, il peut se permettre d'être impopulaire. Raisonnement étrange qui disqualifierait toute forme de démocratie : car, en principe, un gouvernement démocrate devrait être plus légitime que la technocratie pour expliquer d'abord, et appliquer ensuite, des mesures indispensables au bien-être collectif.

La rue grecque ou italienne va-t-elle s'assagir parce qu'un technocrate plutôt qu'un démocrate imposera, par exemple, un décalage de l'âge de la retraite ? La technocratie, sans la force, sera évidemment réfutée : le "modèle chinois", qui devient populaire dans certains milieux d'affaires en Europe, en raison de ses succès économiques apparents, ce n'est pas la technocratie ni le despotisme éclairé, mais la technocratie appuyée par l'armée et la police.

Le bon chemin pour l'Europe n'est pas de renouer avec l'autoritarisme passé, ni exotique, mais de modifier quelques règles du jeu de la démocratie, de manière à restaurer son efficacité. En d'autres termes, il convient de protéger la classe politique contre l'irrésistible tentation de dépenser pour gagner les élections ou s'éterniser au pouvoir. Cette immunisation contre la dépense exige une interdiction constitutionnelle qui devrait être générale dans l'Union européenne : un plafond contraignant de la dépense publique en proportion de la richesse nationale. Cette proposition est distincte de l'amendement proposé ( en 1970, aux Etats-Unis, par Milton Friedman) pour un budget nécessairement équilibré), proposition récemment reprise en France, par Nicolas Sarkozy sous le nom de "règle d'or". Mais cet amendement n'est pas cohérent puisqu'il suffirait d'augmenter les impôts pour équilibrer un budget. Le plafonnement de la dépense publique serait la véritable contrainte, salvatrice de l'économie et de la démocratie. La situation de départ en Europe étant variable, entre 40 et 52% de dépenses publiques, la convergence vers un plafond unique devrait être progressive, en commençant par un gel de la dépense, la première année. On objectera que cette règle constitutionnelle serait une atteinte à la liberté parlementaire, à la souveraineté nationale, etc. Mais on a entendu les mêmes protestations contre la création de l'euro, qui a effectivement interdit aux gouvernements de battre monnaie, sans limite. La création de l'euro, rappelons-le, a libéré l'Europe de la peste de l'inflation, qui était un impôt sur les plus pauvres et les plus âgés. L'euro a ensuite permis de développer des investissements publics et privés considérables, grâce à des taux d'intérêt plus bas que du temps des monnaies nationales. La situation s'est inversée, non pas en raison de l'euro, mais par suite à la transgression des règles budgétaires qui étaient pourtant inscrites dans les traités européens.

De nombreuses voix s'élèvent donc , en Allemagne en particulier, en faveur d'un Ministère des Finances unique pour l'ensemble de l'eurozone. Nous n'en sommes pas là, en tout cas pas encore : rien ne sert d'avancer des propositions fédéralistes puisque l'on sait par avance que les opinions nationales n'y sont pas disposées. Mieux vaut débattre de solutions acceptables : ainsi pourrait-on rétablir les règles de bonne gestion, communes, non pas en privant les Etats membres de leur souveraineté, mais en instaurant une véritable autorité judiciaire européenne qui ferait respecter ces règles. Une Cour économique européenne qui veillerait à la transparence des comptes publics, à l'adoption d'amendements constitutionnels dans chaque Etat pour contenir la dépense publique, qui pourrait sanctionner fortement les contrevenants - ne serait-ce qu'en les dénonçant - ceci serait acceptable par les opinions publiques, compatible avec la démocratie et les souverainetés nationales.

L'Euro et l'Europe en sortiraient renforcés, sauvés, en vérité, par le gel constitutionnel des dépenses et par la Cour économique : ces propositions simples contournent les dilemmes en cours, tels que "démocratie ou technocratie", et "dilution de l'Europe ou Fédération immédiate". La fin de la crise passe, me semble-t-il, par l'imagination institutionnelle, ce qui, depuis son origine, a été la marque distinctive de l'Union européenne.

18 novembre 2011 à 19:33 Guy Sorman | Lien permanent

Robert Mascarell

TOO BIG TO FAIL ! NON ! TOO BIG TO PAY !

Il me souvient qu’en 1988, un an seulement avant la chute du Mur de Berlin, Georges Marchais paradait dans les médias, y répétant en boucle sa formule, prononcée pour la première fois en 1979, « le bilan des pays communistes est globalement positif ». C’est-à-dire qu’au moment où tous les signes de l’effondrement du bloc soviétique étaient manifestes, lui se murait dans ses certitudes.

Nous en sommes-là, aujourd’hui, avec le système capitaliste, mais ses thuriféraires n’en veulent rien voir. Parmi ceux-là, notre émouvant Guy Sorman. Tant d’aveuglement confine à l’héroïsme, s’il est involontaire.

La crise que vit le capitalisme est irrésistible. Que les keynésiens, les ultralibéraux ou les sociaux-démocrates se penchent à son chevet, rien n’empêchera la décomposition du capitalisme à l’échelle mondiale.

Il lui arrive ce que Karl Marx, pourtant son plus remarquable analyste, ne pouvait prévoir : sa mondialisation accélérée par les moyens surpuissants de l’informatisation, le rend totalement incontrôlable.

L’effondrement du capitalisme est inéluctable, mais son agonie risque d’être longue, pour le malheur des peuples.

Les banques, les spéculateurs ont pris le contrôle du monde. Au point qu’en dépit de leurs innombrables turpitudes, rien ne peut être fait contre eux, du moins quand on est libéral et que, délibérément, on a abdiqué toute volonté politique de les combattre.

Pour traduire cet état d’esprit démissionnaire, les anglo-saxons ont forgé une formule lapidaire : too big to fail, trop gros pour tomber. Sous-entendu, les banques en faillite sont tellement grosses, que, si les Etats ne les secouraient pas, elles pourraient entraîner la chute du système capitaliste.

Il n’est pas venu à l’esprit de nos chers politiciens et économistes libéraux, stipendiés ou pas par les officines libérales, que cette formule pouvait être retournée comme un gant, et permettre de faire l’inverse de ce qu’ils font.

Que pensez-vous de ces formules : too big to pay, trop grand pour payer ? Ou bien encore : too many to pay, trop nombreux pour payer ? Ou mieux encore : too strong to pay, trop fort pour payer ?

Les peuples islandais (320 000 habitants, 103 000 km²) et argentin (41 millions d’habitants, 2 766 000 km²) ont parfaitement intégré ces formules. Après avoir subi le joug, pendant des années, des créanciers étrangers, des exigences toujours plus scandaleuses du FMI, ils ont décidé un beau jour de dire merde à tous ces malhonnêtes et de s’asseoir sur leurs dettes, fruits d’attaques spéculatives.

Aujourd’hui, ces pays sont en plein renouveau économique, après s’être pourtant mis en faillite.

Je ne sache pas qu’il y ait eu la moindre expédition militaire de la part de la Grande Bretagne, le principal créancier de l’Islande, contre ce minuscule peuple. Ni contre l’Argentine.

Moins radicalement, le peuple brésilien a, lui aussi, décidé de prendre le taureau par les cornes. Les investisseurs étrangers qui s’établissent au Brésil doivent y réinvestir 99 % des profits qu’ils réalisent dans ce pays, par exemple. Et ça marche !

Ces trois pays sont parfaitement démocratiques.

Je préconise que la France, au moins, s’inspire de l’exemple de ces pays. Il est clair que la fameuse dette de 1 700 milliards d’euros, dont on nous rebat les oreilles, est pour une bonne part illégitime. C’est-à-dire qu’elle est une dette uniquement destinée à engraisser les spéculateurs.

Au lieu de quoi, notre cher Guy Sorman et ses amis libéraux en sont toujours à mouliner sempiternellement leurs mantras.

Leur obsession c’est la dépense publique. Par paresse d’esprit, à moins que ce ne soit par volonté délibérée de dépouiller le peuple des bienfaits de l’Etat, ils ne veulent pas aborder le thème des recettes publiques. Ils ont une vision hémiplégique de l’économie.

Les dirigeants politiques successifs de l’Etat (l’Etat est à la fois une entité administrative impersonnelle reposant sur les fonctionnaires, et une entité politique entièrement dépendante des orientations des élus politiques placés à sa tête – si bien que depuis une bonne vingtaine d’années les chefs de l’Etat français ont pour objectif de le démanteler, pour pouvoir justifier ensuite les privatisations) ont volontairement appauvri l’Etat à coup d’exonérations fiscales, subventions, niches fiscales toujours accordées aux segments les plus fortunés de notre pays. Ils l’ont aussi appauvri en privatisant, entre autres, les banques et en bradant les autoroutes au secteur privé. Les énormes profits réalisés par tous ces secteurs nouvellement privatisés échappent à l’Etat. Or, l’Etat c’est nous, le peuple !

Donc, avant de songer à réduire les dépenses publiques, il est incontournable de rétablir la justice fiscale, d’autant plus que, contrairement à ce que les propagandistes de l’acabit de Guy Sorman affirment, notre pays n’a jamais été aussi riche. En soixante ans, la production de richesses a été multipliée par cinq par tête d’habitant ou par sept en valeur absolue.

Seuls, le creusement des inégalités dans la répartition des richesses et l’appauvrissement volontaire de l’Etat donnent l’impression que les caisses sont vides.

Par exemple, la fiscalité frappant les revenus du travail est de 42 %, celle frappant les revenus du capital est de 18 %. L’alignement sur les revenus du travail apporterait une centaine de milliards à l’Etat. Enfin, pourquoi les subventions accordées aux entreprises le sont sans contrôle ni contrepartie ? Alors que des entrepreneurs indélicats, parfois étrangers, après avoir empoché l’argent, s’empressent, trois ou quatre ans après, de délocaliser leur entreprise, sans être contraints de rembourser.

Ce qui creuse les déficits, ce ne sont pas la multiplication des promesses électorales et la création d’emplois publics, comme le dit Guy Sorman, mais ce sont toutes ces injustices sociales et fiscales, sans compter les fraudes et l’évasion fiscales, de très loin supérieures aux fraudes sociales.

A toutes fins utiles, comme je n’ai pas qu’une vision hémiplégique de l’économie, je me permets de dire qu’un emploi public ce n’est pas qu’un coût, mais ça rapporte par le travail fait et par la consommation de l’employé et de sa famille, et des impôts qu’il paye. C’est dans tous les cas beaucoup moins cher que de devoir payer des indemnités de chômage à ce même employé, si son emploi public n’avait pas été créé.

Il se trouve qu’avant mes trente années de journalisme, j’ai été pendant dix ans comptable dans le secteur privé et j’ai appris à avoir une vision globale et en miroir de l’ensemble des postes de recettes et de dépenses.

Manifestement, les libéraux n’ont pas cette vision interactive. Oh, ça ne fait pas de moi un économiste, mais au moins un gestionnaire.

L’hémiplégie économique de Guy Sorman, et des libéraux, se double d’une contradiction terrible. Lui le libéral intransigeant, voilà qu’il se dit favorable à une « interdiction constitutionnelle qui devrait être générale dans l’Union européenne » en matière de maîtrise de la dépense publique. J’ai encore dans les oreilles ses vigoureuses protestations contre la manière autoritaire, selon lui, avec laquelle les 35 heures ont été imposées dans toutes les entreprises françaises par le gouvernement de la gauche plurielle. Tout cela au nom des particularités de chaque entreprise. Au passage, laissez-moi dire que les libéraux ont fustigé cette loi en en travestissant volontairement le contenu.

Il se trouve que dans mon activité de syndicaliste-juriste, j’analyse les deux lois Aubry quasi quotidiennement. Je mets les libéraux au défi d’y trouver le moindre accent autoritaire.

Cela dit, je trouve ces deux lois critiquables, mais pour de toutes autres raisons que les leurs.

Entre autres, je n’oublie pas que les employeurs n’ont pas eu à souffrir de la mise en œuvre des 35 heures, puisqu’ils bénéficient toujours d’exonérations sociales spécifiques, qu’ils en ont aussi profité pour développer la flexibilité et même bloquer la progression des salaires dans bien des entreprises pendant deux ou trois ans. Si ces mesures de compensations ont pu, à la limite, être admissibles pendant les trois, quatre premières années, leur maintien, aujourd’hui, est parfaitement scandaleux. En revanche, je suis toujours pour le maintien des 35 heures.

Mais je reviens à l’Europe. Comme si les Etats européens n’avaient pas de particularités. Notez que cela ne fera que la seconde fois que leur libéralisme s’arrête là où commence l’intérêt suprême des capitalistes. La création d’un euro identique dans tous les pays de la zone euro, sans tenir compte de leur état de développement économique respectif, a rencontré leur adhésion. Aujourd’hui, cette manière militaire d’imposer un euro à parité unique à toute la zone euro produit des dégâts considérables, le mettant en péril.

Au point que même Nicolas Sarkozy en vient, maintenant, à faire pression, sans succès, sur Angela Merkel, pour que la BCE prête directement aux Etats membres de la zone euro, au même taux que celui qu’elle consent aux banques privées. Ce que le traité de Lisbonne interdit formellement.

Aujourd’hui, traité de Lisbonne oblige, les banques privées prêtent l’argent aux Etats en souffrance à des taux prohibitifs.

Je prends l’évolution de Nicolas Sarkozy pour un hommage à la lucidité de Jean-Luc Mélenchon qui, depuis 2008, fait de cette possibilité d’action de la BCE un moyen d’enrayer la spéculation.

Jean-Luc Mélenchon tient un autre raisonnement particulièrement pertinent. Il dit que l’énormité de la dette publique est fabriquée de toute pièce par les gouvernements libéraux de droite comme de gauche, à travers l’Europe.

En France, la dette publique s’élève à 1700 milliards d’euros. Les libéraux rapportent cette dette à une seule année de production de richesses, environ 2000 milliards. Or, cette dette va être remboursée sur 7 ans et 31 jours. Mélenchon considère donc, à juste titre, que pour apprécier le poids de notre dette, il faut la diviser par un peu plus de 7 (7,08). Dans ces conditions, le poids de notre dette n’est plus de 85 % du PIB d’une année, mais de 12 %.

Jean-Luc Mélenchon poursuit son raisonnement par un exemple judicieux. Il compare l’approche qu’ont les libéraux de la dette publique de celle que les gens censés ont de la dette des ménages. Quand un couple de Français moyens achète une maison, il s’endette lourdement pour quinze à trente ans. Si l’on rapportait la dette totale que ce couple va rembourser en 15, 20 ou 30 ans, à une seule année de revenus de ce couple, son taux d’endettement serait astronomique.

Heureusement, les prêteurs divisent cette dette par 15, 20 ou 30 pour mesurer le taux d’endettement annuel de notre famille. S’il n’en était pas ainsi, l’économie serait complètement bloquée. Le raisonnement vaut pour l’endettement des entreprises. Il doit valoir aussi pour l’endettement de l’Etat.

Rappelons que pour les particuliers, le taux d’endettement considéré comme viable est de l’ordre de 33 % des revenus. Un taux d’endettement de 12 % pour l’Etat français c’est strictement rien. Toutes les entreprises et tous les couples signeraient pour n’être pas plus endettés.

La réalité, c’est que les libéraux, à commencer par vous Guy Sorman, dramatisent le poids de la dette publique pour pouvoir justifier le détricotage de tous les droits sociaux conquis par les peuples. Les libéraux, dont Guy Sorman, font sciemment de la propagande mensongère.

Nous ne les laisserons pas faire.

Je conclus sur l’hostilité ardente des libéraux au protectionnisme, qui signifierait immédiatement, disent-ils, la misère pour les plus pauvres, par le surenchérissement de leurs achats qu’il engendrerait.

Les partisans du socialisme démocratique, dont je suis, par définition antilibéraux et internationalistes, ne sont pas pour le protectionnisme, mais pour des échanges internationaux fondés sur la réciprocité des règles d’importations et d’exportations, prenant en compte les règles sociales, fiscales et environnementales.

Il n’en reste pas moins que ce débat fait encore la démonstration de la vision hémiplégique qu’ont les libéraux de l’économie. Pendant qu’ils essaient de faire croire au peuple que la misère s’abattrait sur eux, ils oublient de dire, volontairement, que le respect des règles de réciprocité aurait pour avantage considéra ble de redonner du travail à des dizaines de milliers, voire à des centaines de milliers de travailleurs français, aujourd’hui au chômage et dans la misère à cause des délocalisations compétitives.

Rédigé par : Robert Mascarell | 27 novembre 2011 à 12:24

"L’effondrement du capitalisme est inéluctable, mais son agonie risque d’être longue, pour le malheur des peuples. "

" Aujourd’hui, ces pays sont en plein renouveau économique, après s’être pourtant mis en faillite.

Je ne sache pas qu’il y ait eu la moindre expédition militaire de la part de la Grande Bretagne, le principal créancier de l’Islande, contre ce minuscule peuple. Ni contre l’Argentine.

Moins radicalement, le peuple brésilien a, lui aussi, décidé de prendre le taureau par les cornes. Les investisseurs étrangers qui s’établissent au Brésil doivent y réinvestir 99 % des profits qu’ils réalisent dans ce pays, par exemple. "

Toujours est-il que ces pays n'ont pas renoncé au capitalisme. C'est surtout par la voie de l'économie de marché et du capitalisme qu'ils peuvent redémarrer.

Les anticapitalistes nous ressortent toujours la même rengaine sur la fin du capitalisme lors de chaque crise.

On attend toujours.

" Jean-Luc Mélenchon poursuit son raisonnement par un exemple judicieux. Il compare l’approche qu’ont les libéraux de la dette publique de celle que les gens censés ont de la dette des ménages. Quand un couple de Français moyens achète une maison, il s’endette lourdement pour quinze à trente ans. Si l’on rapportait la dette totale que ce couple va rembourser en 15, 20 ou 30 ans, à une seule année de revenus de ce couple, son taux d’endettement serait astronomique. "

Mélenchon devrait prendre des cour de comptabilité. Surtout sur les ratios.

( les ratios je le rappel: sont les liquidités disponibles par rapport aux créances. Et un fort capital positif dans un bilan comptable ne garanti en rien de la faillite si les liquidités disponibles sont très insuffisantes pour honorer les créanciers )

Les états se sont sur-endettés quand ils avaient déjà plus de liquidités disponibles pour rembourser leurs dettes. Elle est là la crise de l'endettement publique qui tue l'économie.

Tandis que le couple qui s'endette pour acheter une maison arrive souvent à la rembourser grâce aux revenu du ménage ( liquidité disponible ) tout en ne s'endettant pas plus pour d'autres dépenses trop onéreuses. C'est également le cas de l'entrepreneur qui s'endette pour investir dans des nouveaux mode de production. Du moment qu'il dispose des liquidités disponibles son affaire peut tourner malgré un endettement. Les états s'endettent par le gaspillage sans en avoir les moyens. C'est cela qui est grave.

Rédigé par : D.J | 27 novembre 2011 à 13:44

Robert Mascarell

@ DJ

Mon article soulève des questions très concrètes, vous n’y répondez pas.

Niez-vous que l’endettement des Etats soit rapporté au PIB d’une seule année, alors qu’en France, par exemple, les dettes sont en moyenne remboursées en 7 ans et 31 jours ?

Niez-vous que le taux d’endettement, mensuel ou annuel, des familles et des entreprises soit calculé en prenant en compte la durée de remboursement des crédits ?

Jean-Luc Mélenchon, comme l’ancien comptable que je suis, n’ont pas besoin de prendre des cours de comptabilité. De plus, pour votre gouverne, sachez que dans mon activité bénévole de syndicaliste-juriste, j’instruis de nombreux dossiers juridiques en contestation de licenciements économiques, que me confient les salariés. A ces occasions, j’accède automatiquement aux bilans et comptes de résultat de trois exercices, au moins, des entreprises concernées. Je me fais un plaisir de les décortiquer, en de multiples ratios. Mes découvertes sont nombreuses. C’est un régal !

Donc JLM et moi sommes scandalisés que le taux de la dette des Etats ne soit pas calculé de la même façon que pour les familles et les entreprises.

Le taux d’endettement des Etats est donc un chiffrage éminemment politique, totalement étranger à la réalité.

Vous voilà rassuré que l’Islande, l’Argentine et le Brésil demeurent des pays capitalistes. Je vous en donne acte. Mais pour moi, l’information principale est que ces pays aient décidé de tourner le dos à l’orthodoxie libérale, faisant la démonstration qu’il n’y a pas qu’une seule manière d’affronter la crise. Les Merkel, Sarkozy, Cameron, Zapatero,… Hollande, veulent nous faire croire le contraire.

Je ne suis pas un adepte du tout ou rien. Entre le capitalisme ultralibéral dominant le monde et le socialisme démocratique que je souhaite, je suis conscient qu’il y aura des étapes à franchir. La voie capitaliste antilibérale choisie par certains pays me paraît un progrès.

Cela dit, je vous confirme que le capitalisme mondial ultralibéral est à l’agonie et qu’il ne sortira plus de son agonie jusqu’à sa mort. Niez-vous que les gouvernements français des vingt dernières années aient volontairement appauvri l’Etat ?

Niez-vous que les moyennes et grandes entreprises françaises aient reçu et reçoivent toujours d’importantes compensations à la mise en œuvre des 35 heures ?

Niez-vous qu’un emploi public ce n’est pas qu’un coût, mais aussi un vecteur de recettes (travail fait, consommation, impôts payés, moindre dépense pour Pôle Emploi) ?

Il n’est point besoin d’entrer dans des raisonnements abstrus pour répondre à ces questions. C’est pourtant votre sport favori. Il est vrai que ce qui ne se conçoit pas bien, ne s’énonce pas clairement.

@ Guy Sorman

Me voilà édifié. Jusque-là, je louais votre respect de la liberté d’expression, ce qui vient de se passer à propos de l’article que j’ai intitulé « Too big to fail ! Non ! Too big to pay ! » me détrompe.

J’ai fait sept ou huit tentatives pour le mettre sur votre blog.

Chaque fois, il était dûment enregistré, mais n’était pas publié. Je vous ai signalé le fait sur votre messagerie, une première fois le vendredi 25 novembre, mettant cela sur le compte d’un possible dysfonctionnement de votre blog. Sans réaction de votre part.

Ce que voyant, j’ai poursuivi mes tentatives. Toujours sans résultat, mais en constatant que votre blog fonctionnait bien, puisqu’il s’abondait de nouvelles contributions de blogueurs. J’ai donc résolu de vous envoyer un second courriel, ce dimanche.

Mais là, j’ai évoqué la possibilité d’une censure de votre part, et j’ai ajouté que, si ma crainte se confirmait au terme d’une période de huit jours, je me verrais contraint de publier l’article en cause sur un certain nombre de sites, dont Médiapart et Marianne 2, auxquels je suis abonné, sous le surtitre « Article censuré par Guy Sorman ».

Aussitôt après la réception de ce second courriel et, comme par hasard, vous avez enfin publié mon article. La raison a enfin repris le dessus. Rédigé par : Robert Mascarell | 27 novembre 2011 à 19:25

" Niez-vous que l’endettement des Etats soit rapporté au PIB d’une seule année, alors qu’en France, par exemple, les dettes sont en moyenne remboursées en 7 ans et 31 jours ?

Niez-vous que le taux d’endettement, mensuel ou annuel, des familles et des entreprises soit calculé en prenant en compte la durée de remboursement des crédits ? "

cela ne change le problème tant pour le privé, le particulier ou l'état.

Quand on s'endette et que l'on a plus les moyens de rembourser c'est la faillite. Mais le pire ce sont les états qui continue à emprunter pour se désendetter en creusant encore plus la dette. Au lieu de faire des économies ou freiner les dépenses. On a faire à une irresponsabilité des pouvoirs politiques en matière de gestion. Il est là le problème de la crise de l'endettement. Il n'y a que les socialistes comme vous qui sont aveuglé par cette réalité.

C'est la différence avec le privé et les ménages qui n'ont pas une vache à lait appelé contribuable.

" Niez-vous que les gouvernements français des vingt dernières années aient volontairement appauvri l’Etat ? "

Ils ne l'ont pas fait volontairement; ils ont raisonné comme vous comme quoi l'état est la solution et que les dépenses publiques et les emplois jeunes allait sortir la France de sa panne économique.

" La voie capitaliste antilibérale choisie par certains pays me paraît un progrès. "

C'est ce que faisait la nazisme et les dictatures fascistes en général et c'est ce que fait la Chine. Qui cette dernière à certes a sorti 300 millions de Chinois de la misère mais qui en laisse 900 millions d'autres.

C'est mieux que le maoïsme. Mais c'est loin d'avoir les mêmes résultats positifs que le capitalisme libéral.

il est beau votre modèle.

Rédigé par : D.J | 27 novembre 2011 à 20:07

@ Mascarelle,

"J’ai fait sept ou huit tentatives pour le mettre sur votre blog.

Chaque fois, il était dûment enregistré, mais n’était pas publié. Je vous ai signalé le fait sur votre messagerie, une première fois le vendredi 25 novembre, mettant cela sur le compte d’un possible dysfonctionnement de votre blog. Sans réaction de votre part. "

Cela m'arrive aussi de temps en temps. Surtout quand je met un lien. Sorman n'y est pour rien. Il ne censure pas pour un oui pour un non. Quand j'écris des tartines j'en fait un copié-collé avant de le publier au cas où ça passe pas.

Rédigé par : D.J | 27 novembre 2011 à 20:12

Robert Mascarell

@ DJ

Un taux d'endettement de 12 %, c'est un taux ridiculement bas. Que ce soit pour l'Etat, les entreprises ou les ménages.

Or, je confirme que le taux d'endettement de l'Etat français est bien de 12 % et non de 85 %.

Vous pourrez tourner les chiffres dans tous les sens, c'est ainsi.

Rédigé par : Robert Mascarell | 27 novembre 2011 à 22:04

Vous avez raison Mascarell et tout les économistes, les banques centrales, les politique etc... ont tous tort sur le taux de l'endettement publique qui est selon vous de 12% et non de 85%.

Rédigé par : D.J | 27 novembre 2011 à 22:20

Robert Mascarell

Je vous le confirme, tous les économistes libéraux ont tort, et ils le savent.

Leur mode de calcul est politique. Il est destiné à faire admettre au peuple que la dette de la France est tellement énorme qu'on ne peut pas faire autrement que de sabrer dans les dépenses sociales. Ce mode de calcul prévaut dans tous les pays libéraux. Il n'en est pas moins ridicule.

Malheureusement, les incultes économiques de votre genre sont nombreux. Ils ne voient pas la ficelle grosse comme un câble.

Mais attention au réveil !

Il est parfaitement inique de rapporter la dette totale de la France, remboursable en 7 ans et 31 jours, à une seule année de PIB.

Si les entreprises faisaient de même, elles auraient toutes des taux d'endettement astronomiques.

Rédigé par : Robert Mascarell | 27 novembre 2011 à 23:18

Mascarell, pouvez-vous me dire comment trouver l'argent nécessaire au fonctionnement de l'état et au remboursement de la dette (enfin, des intérêts de la dette) ?

Rédigé par : ETF | 27 novembre 2011 à 23:27

Robert Mascarell

@ ETF

1/ Une partie des 1700 milliards de la dette est totalement illégitime, en raison de son origine spéculative (s’inspirer de l’Islande et de l’Argentine).

2/ Il me semble que j’ai été très clair dans mon article. Les gouvernements successifs des 20 dernières années ont volontairement appauvri l’Etat au profit des plus fortunés ou des plus grandes entreprises, sans contrôle, (exonérations sociales et fiscales, niches fiscales, privatisations des banques, des autoroutes, fraudes fiscales).

Il y a là de quoi trouver les milliards nécessaires au budget de la France.

Ce n’est qu’une fois cela fait que le peuple pourra accepter la chasse aux fraudes sociales.

Au passage, l’embauche de nombreux fonctionnaires pour renforcer les services de contrôles de l’Etat rapporterait beaucoup d’argent à la France et ferait moins de chômeurs à payer.

3/ Il est indispensable d’initier une politique volontariste d’investissements et de réindustrialisation/relocalisation.

L’Etat doit aussi mettre en place des conditions juridiques bien plus sévères pour empêcher la plupart des délocalisations.

L’environnement ne s’en portera que mieux.

4/ Il faut aussi nous inspirer de l’exemple brésilien à l’égard des investisseurs étrangers installés en France. Je ne vois pas pourquoi ce qui marche au Brésil, avec les mêmes groupes internationaux, ne marcherait pas en France.

5/ Il faut créer un double taux d’imposition des sociétés, moins élevé pour les bénéfices réinvestis en France et plus élevés pour ceux investis à l’étranger ou versés aux actionnaires.

Cela fait, le taux d’imposition des grandes sociétés doit être équivalent à celui des petites entreprises, mais autour de 30 %, sans possibilité de niches fiscales.

6/ Le taux d’imposition des revenus tirés du capital doit être aligné sur celui des revenus tirés du travail.

7/ Prendre des mesures coercitives pour le rapatriement des fonds placés dans les paradis fiscaux, particulièrement à l’encontre des établissements bancaires.

Les paradis fiscaux c’est fini disait l’ineffable Sarkozy. Il ment à la manière des adolescents.

Est-ce que cela vous suffit ?

Rédigé par : Robert Mascarell | 28 novembre 2011 à 00:57

(s’inspirer de l’Islande et de l’Argentine).

Vous voulez donc que la France fasse défaut partiellement ou totalement sur sa dette, correct ?

- Le taux d’imposition des revenus tirés du capital doit être aligné sur celui des revenus tirés du travail.

Entièrement d'accord.

Paradis fiscaux, etc, idem.

Pour le reste, je vois mal comment luter contre les délocalisations dans un marché libre. L'entreprise va au plus efficace et au plus rentable pour l'actionnaire. A moins de changer les règles du capitalisme, je vois mal comment mettre en pratique ces incancations.

Pour ce qui est des fonctionnaires, je suis personnellement contre l'augmentation de leur nombre, et surtout, contre le statut d'employé à vie. Je suis pour la justice, où qu'elle s'exerce. Non au privilèges accordés aux revenus financiers, non aux privilèges accordés au fonctionnaire. Tout le monde à la même enseigne.

Rédigé par : ETF | 28 novembre 2011 à 01:13

Robert Mascarell

@ ETF

Oui, je veux que la France fasse défaut partiellement sur sa dette. Sur celle dont l’origine est manifestement spéculative.

Pour ce qui est des délocalisations, je ne suis pas pour un marché libre, mais pour un marché régulé sur la base de la réciprocité des règles sociales, fiscales et environnementales. La thèse de la concurrence libre et non faussée est une supercherie. La réalité d’aujourd’hui est que la concurrence est libre et faussée.

Il faut donc changer les règles du capitalisme, à la manière dont cela est fait en Islande, Argentine et au Brésil.

Pour ce qui est des fonctionnaires, je suis pour l’augmentation de leur nombre à l’hôpital, dans la police, dans les palais de justice, dans l’enseignement, dans les organes de contrôle de la législation fiscale et sociale (inspecteurs du travail).

Je préfère payer des fonctionnaires que des chômeurs, surtout quand ils rendent des services et qu’en plus, ils consomment et payent des impôts.

Je n’ai jamais été fonctionnaire, ma femme l’a été, mais je suis prêt à remettre en cause leur statut d’employé à vie, mais seulement après qu’aient été très largement modifiées les règles du licenciement dans le secteur privé. Entre autres, tout licenciement qui aura été jugé abusif par les juges devra automatiquement permettre au salarié licencié de choisir s’il veut être réintégré dans son emploi ou percevoir des dommages et intérêts. Il faut en finir avec le droit de vie ou de mort sociale que s’arrogent trop d’employeurs, petits, moyens ou grands. Mon expérience de défenseur prud’homal des salariés m’en a beaucoup appris sur leurs pratiques.

J’ai plein d’autres idées très concrètes sur le sujet, déjà en forme juridiquement, mais il serait trop long que je les expose ici.

Je ne mets pas un signe d’égalité entre les privilèges accordés aux revenus financiers et les « privilèges » accordés aux fonctionnaires.

Votre souci de justice serait plus crédible si vous fustigiez les vrais privilégiés.

Les fonctionnaires sont des salariés comme je l’ai été et comme vous l’êtes peut-être. Par principe, je ne m’en prends pas à d’autres salariés. Ils tirent le diable par la queue comme moi. Et si alignement il doit y avoir entre les salariés du secteur public et ceux du secteur privé, je ne le conçois que par le haut.

Rédigé par : Robert Mascarell | 28 novembre 2011 à 13:21

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