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Publié par Robert Mascarell

Voilà un mois que les étudiants, lycéens et travailleurs se mobilisent chaque jour davantage pour obtenir le retrait du CPE.

Le 18 mars, les dernières manifestations à travers toute la France ont été suivies par 1,5 million de citoyens, selon les estimations des organisateurs.

En dépit de ces actions, soutenues par une large majorité de notre peuple, le trio Chirac-Villepin-Sarkozy, soutenu par le MEDEF et la CGPME, a décidé de maintenir coûte que coûte ce contrat, se proposant seulement de l’amender à la marge.

Cette mobilisation crescendo augure bien des prochaines actions, que l’entêtement du gouvernement et du patronat, contraint organisations d’étudiants, de lycéens et de salariés à organiser.

Un petit bémol toutefois quant à la qualité des mots d’ordre scandés dans les manifestations : le CPE est seul pris pour cible. Le CNE, en vigueur depuis le 4 août 2005 (ordonnance du 2 août 2005), est quant à lui à peine contesté. Pourtant, le CPE est la copie conforme du CNE.

Ainsi, comme pour le CPE, la période d’essai du CNE est longue de deux ans. Durant toute cette période, le patron peut également licencier le salarié sans avoir à formuler de motif écrit.

La seule différence réside dans le fait que le CNE concerne TOUS LES SALARIES en voie d’être embauchés dans les entreprises de moins de vingt salariés, alors que le CPE concerne TOUS LES JEUNES de moins de vingt-six ans en voie d’être embauchés dans les entreprises de plus de vingt salariés.

CNE et CPE sont assortis de mesurettes « d’accompagnement » identiques, telles que :

- une indemnité de rupture, si elle est à l’initiative de l’employeur, de 8 % des salaires bruts perçus (soulignons au passage que l’indemnité de fin de CDD est équivalente à 10 %). Cherchez l’erreur !

- la possibilité pour le salarié de percevoir, pendant un mois, une indemnité forfaitaire journalière de 16,40 €, si l’employeur rompt le CNE ou le CPE au bout de quatre mois de travail.

Une mesurette ne concerne que le CPE : la possibilité ouverte à leurs titulaires de suivre une formation après un mois de CPE. Séduisante sur le papier, cette disposition n’est assortie d’aucune modalité d’application financière et pratique. Or, rappelons que, libéralisme oblige, le secteur de la formation professionnelle est le creuset de tous les abus, quand ce ne sont pas des escroqueries.

Le CNE est donc pire que le CPE.

Aussi, gageons qu’à l’occasion des prochaines actions, celle du mardi 28 mars prochain plus particulièrement, le CNE y sera aussi vigoureusement rejeté que le CPE.

Robert Mascarell

le 21 mars 2006

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