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Publié par Robert Mascarell

Le conflit israélo-palestinien est insoluble. Aujourd’hui, les deux peuples ont des raisons d’en vouloir à l’autre.

La faute originelle est tout simplement la création de l’Etat d’Israël sur des bases confessionnelles et sur le territoire de la Palestine. Ni le peuple d’Israël, ni surtout pas les Palestiniens ne sont responsables de cette création, même si la majorité des Juifs du monde entier l’a appelée de ses vœux. Les responsables sont les grandes puissances victorieuses de la 2nde Guerre mondiale. L’URSS principalement, les EU, la Grande-Bretagne et la France.

Pourquoi, principalement l’URSS ? Parce que ses dirigeants ont fautivement cru que ce nouvel Etat se développerait sur des bases socialistes donc anticapitalistes. Souvenons-nous de la floraison des kibboutz en Israël, mode d’organisation agricole proche des kolkhoses et sovkhoses soviétiques. C’est l’URSS qui a le plus œuvré pour la création d’Israël.

Evidemment, la raison de la création d’Israël s’est voulue une réponse de solidarité avec les Juifs du monde entier, après que six millions d’entre eux aient péri dans les fours crématoires nazis.

Le problème est que dans le territoire qui leur a été attribué vivaient des Palestiniens (Canaanéens), avant même que les Hébreux ne conquièrent leur région (lire l'Ancien testament : Exode et livres suivants), et qu’au lendemain de la 2nde Guerre mondiale les Palestiniens continuaient à vivre sur leur sol. La communauté internationale n’a eu aucun égard pour les Palestiniens. Elle a fait fi de leur existence. Ce peuple valeureux a été petit à petit dépossédé de ses terres.

Si nous pouvons comprendre les raisons humaines de la création de l’Etat d’Israël, il aurait été probablement plus judicieux de le créer en Allemagne, sans aucune considération religieuse, c’est-à-dire sur une base laïque, et comme dette à payer par le peuple allemand pour l’Holocauste.

Aujourd’hui, c’est trop tard. Il n’est plus question de revenir en arrière. La situation est d’autant plus grave, que les dirigeants israéliens ne cessent d’appeler les Juifs du monde entier à venir s’établir en Israël, et partant, doivent créer de nouvelles colonies de peuplement empiétant, nécessairement, sur le maigre territoire laissé aux Palestiniens.

Cette politique, visant à attirer la diaspora juive en Israël, constitue le terreau du sionisme. Elle est pratiquée avec plus ou moins de vigueur par tous les gouvernements israéliens depuis 1948, selon qu’ils soient de droite ou qu’ils se prétendent de gauche.

Le chanteur Herbert Pagani, qui eut son heure de gloire méritée dans les années 70, lors de sa participation à l’émission de télévision culte de Jacques Chancel : Le Grand Echiquier, y a prononcé un texte d’une force et d’une beauté rares. Il s’agit d’un véritable hymne au sionisme. Je vous propose de l’écouter sur le lien suivant : http://www.youtube.com/watch?v=RPpYQGv_jDI

Et pourtant, si je partage l’essentiel du propos d’Herbert Pagani, je dois vous avouer qu’il provoque en moi un grand malaise au su de ce qui se passe aujourd’hui entre Israéliens et Palestiniens.

Une force irrésistible me pousse, néanmoins, à surmonter mon malaise et à vous faire connaître ce texte extraordinaire, mais pas sans une mise en garde préalable.

Je le répète, Herbert Pagani prononce un véritable hymne au sionisme, en partant du concept biblique de la Terre promise, et justifie le sionisme par toutes les avanies subies par le peuple juif depuis deux millénaires. La Terre promise couvrant justement le territoire devenu Israélien et la Palestine d’aujourd’hui.

Si mon cœur saigne à l’évocation de tous les malheurs endurés par les Juifs depuis et partout, et qu’à ce titre je considère qu’aujourd’hui l’honneur des non-juifs est de se montrer solidaires d’eux, l’athée tolérant que je suis ne peux accepter que les Juifs aient un droit historique à la possession quasi-totale de la Palestine, au nom des concepts fumeux de la Terre promise et du Peuple élu ressassés jusqu’à satiété, tout au long de l’Ancien testament, par un dieu hypothétique, à l’existence scientifiquement improuvable.

Une lecture attentive de l’Ancien testament démontre d’ailleurs que Canaan (Israël et Palestine d’aujourd’hui) était habitée par des paysans arabes avant l’Exode (traversée de la Mer Rouge par les Juifs fuyant l’Egypte) et que la conquête de Canaan, entre autres, fut particulièrement horrible.

Tous les peuples du monde entier ont une histoire vieille de plusieurs millénaires, mais les guerres ont été tellement innombrables et les brassages entre les peuples tels, que rien ne justifierait aujourd’hui que chacun de ces peuples, pour autant que l’on puisse en garantir la « pureté » ethnique, revendique les terres qu’il occupait il y a plusieurs millénaires.

En conclusion, je dois reconnaître que je suis très pessimiste pour la suite des temps. Les deux peuples, israélien et palestinien, sont victimes d’une énorme erreur historique internationale. Le peuple palestinien plus encore. C’est pourquoi je m’en sens plus solidaire. Mais je refuse que cette solidarité se transforme en manifestations antijuives. Je ne dis pas antisémites à dessein. Puisque les Arabes comme les Juifs sont des peuples sémites.

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Michel Cornillon 23/07/2014 10:27

Moi aussi, beaucoup plus solidaire du peuple palestinien que du peuple Israélien qui, en famille, n'a pas honte d'applaudir à chaque explosion dans la bande de Gaza. Seule une intervention musclée des puissances occidentales ou de l'ONU pourrait mettre fin à ce jeu de massacre.
Mais personne ne le souhaite. Et surtout pas les États-Unis, qui possèdent là le détonateur du troisième holocauste mondial, seul capable de les sauver, du moins momentanément.

Michel Cornillon 23/07/2014 10:27

Moi aussi, beaucoup plus solidaire du peuple palestinien que du peuple Israélien qui, en famille, n'a pas honte d'applaudir à chaque explosion dans la bande de Gaza. Seule une intervention musclée des puissances occidentales ou de l'ONU pourrait mettre fin à ce jeu de massacre.
Mais personne ne le souhaite. Et surtout pas les États-Unis, qui possèdent là le détonateur du troisième holocauste mondial, seul capable de les sauver, du moins momentanément.

Robert Mascarell 23/07/2014 16:02

N'oublies pas que le lobby juif est extrêmement puissant aux EU. Donc le meneur c'est, comme tu le dis, les EU et, pour tout ce qui concerne le Moyen-Orient, le lobby juif de ce pays. Les autres pays occidentaux sont aux ordres des EU.

Disant cela, je pressens que certains pourraient me taxer d'antisémitisme, probablement pas toi.

Je ne confonds pas tous les Juifs. Marx et Einstein sont mes boussoles. Ferrat les suit de très près.

Michel Cornillon 23/07/2014 13:49

Tout à fait d'accord avec toi, hélas. Mais la véritable question est la suivante : pourquoi les Occidentaux font-ils semblant de rechercher un processus de paix ?
Où est leur intérêt ? Et quels sont leurs meneurs, à part les USA et leur chien de garde au moyen orient ?

Robert Mascarell 23/07/2014 12:46

L'intervention musclée des puissances occidentales n'aura jamais lieu, et de plus elle n'est pas souhaitable, au moins par principe.

Celle de l'ONU pourrait être envisagée, mais elle n'aura pas lieu, parce que les Occidentaux s'y opposeront toujours. Résultat, il n'y a pas de solution. Voilà le problème.

CAYEUX 22/07/2014 17:29

Bonjour après réflexion, seule une issue résolue sur la base d'un protectorat ou d'une tutelle Internationale ou Européenne est viable. La bande de Gaza doit être administrée par une institution neutre dotée d'un pouvoir de police et Militaire. Sans cela la guerre sera sans fin !

Robert Mascarell 22/07/2014 18:55

A mes yeux, le règlement du conflit israélo-palestinien ne peut être résolu seulement par le mode d’administration de la bande de Gaza.

Le règlement de ce conflit n’a de chance de réussite que globalement, à l’échelle de tout le territoire israélo-palestinien dans la configuration qui fut la sienne de 1948 à 1967. Cela suppose que deux vrais Etats cohabitent, avec obligation de contrôler leur démographie respective. Tout cela sous l’égide, seulement, de l’ONU, dotée d’une force militaire d’interposition. Il ne faut surtout pas que la tutelle soit européenne, ou américaine, ou russe,……

Par contrôle de la démographie, j’entends, du côté israélien, que l’appel à la diaspora juive à rejoindre la « Terre promise » soit totalement interdit. Du côté palestinien, que leur politique de naissances soit parfaitement régulée.

Reste que les dégâts faits par les Israéliens, principalement, depuis 1967, par leur politique expansionniste incessante, empêche toute solution. Un Etat palestinien, et pas seulement la bande de Gaza, mité comme il l’est aujourd’hui, n’a ni sens, ni avenir. Sauf à supposer que chacun des innombrables îlots israéliens implantés en territoire palestinien soit totalement coupé d’Israël. Or, il n’en est rien. Dans chacun de ces îlots, l’Etat israélien a une présence militaire et policière pour assurer la sécurité des colons. Ce que l’on peut comprendre d’ailleurs, dans l’état de tension actuel. Mais pour cela, il faut nécessairement que ces forces israéliennes passent à travers le territoire palestinien pour se rendre dans ces îlots.

Un Etat digne de ce nom n’a de sens que basé sur un territoire continu.

Il s’agit donc de régler ce problème avant toute chose. Seule l’ONU peut le faire. Le règlement ne passera que par une restitution, par les Israéliens, des terres prises aux Palestiniens après 1967. Quid des Israéliens occupant ces terres aujourd’hui ? La responsabilité des gouvernements israéliens successifs est évidemment gravement engagée, mais pas seulement, celle des gouvernements occidentaux également, qui ont fermé les yeux sur l’implantation des colonies au sein du territoire palestinien.

Il appartient donc à ces divers « responsables » de supporter les conséquences de leur irresponsabilité, par tous les moyens possibles. Israël, dans ses frontières de 1967, et l’ensemble de ses alliés occidentaux devront se répartir l’accueil de tous les Israéliens occupant indument ces territoires.

Là, et là seulement, est la solution de ce conflit.

Ce disant, je suis parfaitement conscient de la quasi impossibilité à ce qu’elle advienne. La puissance militaire et financière des Etats Occidentaux et Israélien est telle, qu’elle est un empêchement absolu à toute solution viable. D’où, la persistance de mon pessimisme.