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Publié par Robert Mascarell

Encoprétique, selon le dictionnaire Larousse : "Qui est atteint d'encoprésie".

L'encoprésie est une affection qui touche principalement les enfants en bas âge ayant une propension à faire caca sous eux ou sur eux. Chez l’adulte, ayant ce genre d’habitude, on dit qu’il est atteint d’incontinence fécale, soit à la suite d’une maladie mentale, soit à la suite d’une défaillance organique.

Bref, être atteint d’encoprésie, c’est en français trivial se chier dessus. Cette expression vulgaire n’a pas qu’un sens…… propre, elle peut aussi être utilisée au sens figuré. Dès lors, elle désigne les peureux, les couards et autres lâches en tous genres.

Notre société regorge malheureusement beaucoup trop de ce genre d’individus, dans quelque domaine que ce soit. Bien sûr, selon l’activité exercée, ce trait de caractère à des effets plus ou moins graves.

Etre encoprétique dans la pratique de la pétanque ou de la pêche à la ligne n’a pas grande conséquence. L’être dans le domaine militaire ou de la politique est autrement plus grave, d’autant plus quand, par tromperie, le poltron en arrive à occuper un poste de premier plan. Il peut encalminer une armée ou un pays.

Ce trait de caractère est plus ennuyeux encore quand, ceux qui en sont affectés le cachent sous des dehors de matamores, prêts, apparemment, à toutes les hardiesses. Ils peuvent alors entraîner ceux qui s’y laissent prendre à de cruelles désillusions, voire à des réactions plus désespérées.

J’ai la conviction que notre pays en est là aujourd’hui. Reculs, reniements, irrésolution, sont le brouet quotidien au sommet de l’Etat. Si, au moins, sa fuite en avant était entravée par son entourage ce ne serait pas très grave. Mais voilà qu’aucun n’entend exercer son pouvoir critique. Nous assistons à une chloroformisation massive de la société. Le réveil sera rude.

Parce que, bien sûr, tout cela ne peut que mal finir.

Le plus grave, c’est quand l’encoprétique en chef compte sur la force d’inertie des innombrables encoprétiques l’entourant, des plus proches aux plus éloignés de lui, pour réussir ses basses besognes au service de ceux qu’il craint d’affronter.

Pris isolément, un encoprétique est inoffensif. Nombreux, ils constituent une force redoutable. Ils empêchent que quoi que ce soit se passe et se fasse, ou plus exactement, il se passe et se fait ce que veulent ceux dont ils ont peur. Faibles, leur seule force c’est la force d’inertie. Plus ils sont nombreux à se laisser faire, plus ils se font avoir, mais, paradoxalement, plus ils sont forts de leur faiblesse. Mais évidemment, ils ne peuvent en tirer avantage. Au contraire.

L’histoire fourmille de situations où les encoprétiques ont, par leur léthargie, permis qu’arrive et se passe l’infâme. Souvenons-nous que, le 10 juillet 1940, Pétain a obtenu les pleins pouvoirs du Parlement français avec plus de voix de parlementaires dits de gauche (286), hors les communistes, que de parlementaires de droite (283). Souvenons-nous encore, qu’en janvier 1956, Guy Mollet fut élu pour faire la paix en Algérie. Arrivé à la tête du gouvernement et après un voyage tumultueux en Algérie, où les colons l’avaient reçu à coups de tomates, effrayé à partir de ce moment, il a fait un virage à 180°. Inexplicablement, il a obtenu les pleins pouvoirs de toute la gauche, y compris des députés communistes, nombreux à l’époque. Bref, l’encoprésie coulait à flots en ce temps-là, si je puis dire. Je pourrais prendre bien d’autres exemples plus près de nous. L’arrivée de Lionel Jospin à la tête du gouvernement, en 1997, fut très fertile en renoncements. Ses réelles bonnes décisions n’ont pu effacer ses reculs. En 2002, il les a payés très cher.

Le quinquennat de François Hollande promet d’être un grand cru. Mieux, ou plutôt pire, que celui de Jospin. C’est bien la seule promesse qu’il tiendra.

A la décharge de François Hollande, je suis bien obligé de reconnaître que, pour l’instant, nous avons le président que nous méritons.

Et là, j’en arrive à ce qui constitue le carburant de toutes les encoprésies psychologiques. A savoir, le soi-disant apolitisme ou la dépolitisation. Vous avez sans doute remarqué que l’encoprétique profond affirme aussi que le clivage droite-gauche est dépassé. Cela lui permet de ne jamais prendre position publiquement, mais pourtant, dans le secret de l’isoloir, il fait presque toujours le choix de la pensée libérale, dite aussi pensée unique. Toutes les analyses électorales en attestent.

Résultat, la contestation n’est pas au niveau requis.

Suis-je pessimiste pour autant ? Que non pas ! La logique infernale et intrinsèque du système libéral va continuer à produire ses effets néfastes, aussi bien en France que dans le monde entier. La fable de la reprise mondiale partout sauf en France n’est qu’une tromperie de plus. Cette reprise repose essentiellement sur la reconstitution de bulles financières et sur une aggravation massive des inégalités et des reculs sociaux.

Tout cela est donc immanquablement appelé à s’écrouler. Tout comme en France, la manne de 30 milliards d’euros donnée aux patrons ira (avec ou sans contreparties, cela ne changera pas grand-chose), pour l’essentiel, se placer sur le marché spéculatif. Il ne peut en être autrement, tant il est plus rentable pour les capitalistes de spéculer en bourse que d’investir dans la production industrielle ou dans la recherche. Quant à créer des emplois, c’est encore moins probable que les improbables investissements dans la production.

Vous avez évidemment compris que je parle en masse. Il y aura bien sûr quelques investissements et quelques créations d’emploi, que la propagande gouvernementale mettra en avant, mais si peu par rapport à ce qui ira à la finance ou aux actionnaires. C’est souvent la même chose. Au passage, les quelques emplois qui seront créés dans ces conditions coûteront fort cher à la collectivité. Bien plus cher que les fameux emplois aidés sur fonds d’Etat, tant décriés par la droite, pour cette raison.

Enfin, je ne saurais terminer cette diatribe sans vous rappeler mon credo, mais il est en rapport avec ce qui précède : le mouvement de financiarisation du capitalisme mondial est absolument irrésistible. Il n’est du pouvoir d’aucun chef d’Etat à travers le monde d’y mettre entrave. Même les vrais maîtres du monde, les grands cartels financiers, ne pourront l’arrêter, à supposer qu’ils le veuillent, quand viendra le désastre annoncé.

Quand ? Comment ? Qu’adviendra-t-il après ? Une seule chose est sûre, la chute du libéralisme économique aura lieu. Les peuples y aideront, avec le soutien actif de ceux revenus de leur encoprésie.

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