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Publié par Robert Mascarell

Le 25 décembre, certains d’entre vous ont peut-être chanté : « Il est né le divin enfant ». Les 31 décembre, dorénavant, je propose aux croyants comme aux incroyants de chanter sur le même air : « Ils sont nés les vilains voleurs », pour être plus près du style parodique, ou si vous voulez être plus explicite, et toujours sur le même air : « Ils sont nés les 40 voleurs ». Ne cherchez pas, je ne vais pas vous parler d’Ali Baba.

Le 31 décembre 1987, en effet, nos 40 voleurs se sont constitués en un véritable syndicat du crime, officiellement appelé CAC 40 (Cotation Assistée en Continu). Officieusement, d’aucuns traduisent CAC en Comment Avoir les Citoyens ? De la même façon, ils ont détourné le célèbre ordre « La bourse ou la vie », prêté aux voleurs et autres criminels par Denis Diderot, dans les « Pensées philosophiques », en « La Bourse c’est la vie ». Nos 40 ont toujours le souci de la litote.

Ce qui suit va vous démontrer que le vol a bien été constitué et qu’il fut même le seul mobile de la création du CAC 40. Parti de l’indice 1000 le 1er janvier 1988, celui-ci est rendu, en ce 31 décembre 2013, à l’indice 4296. Soit une progression de 329,6 %, bien plus qu’un quadruplement en 26 ans.

A ce stade-là, vous pouvez toujours me dire « Où se situe le vol ? ». Je vous l’accorde, mais patientez une seconde, la réponse arrive.

Jusque-là nous étions dans la Cour, maintenant, je vous propose de descendre dans ce que ces gens de la Cour (ils ont une haute idée d’eux-mêmes) appellent la basse-cour (ces gens nous prennent pour de la valetaille). Font, entre autres, partie de la basse-cour : les Smicards.

Eh bien ! Figurez-vous que le 1er janvier 1988, le SMIC était à la hauteur de 4,34 € de l’heure. Le 31 décembre 2013, il est à la hauteur de 9,43 €. Soit une progression de 117,3 % en 26 ans. Les revenus spéculatifs ont donc progressé près de trois fois plus vite que les salaires. Là est le vol.

J’ajoute que le SMIC a évolué plus rapidement que le salaire moyen.

Comme disent Hollande, Ayrault, Moscovici, Sarkozy, Fillon, Copé, Merkel, Barroso, Schulz, tous les économistes et journalistes libéraux, la France est malade de son coût du travail trop élevé. Le coût du capital, quésaco ?

Les mêmes, qui ferment les yeux sur le coût du capital, disent en même temps, en chœur ou séparément, que la lutte des classes n’existe pas. Cette antienne est malheureusement reprise par des femmes et hommes dits de gauche, et même par certains syndicalistes.

L’évolution déséquilibrée du CAC 40 et du SMIC démontre l’inanité de leur dénégation.

Il y a au moins un des membres de la « Cour », avec le cynisme dont sont capables les richissimes américains, qui ne nie pas l’existence de la lutte des classes, il s’agit de Warren Buffett. Celui-ci a déclaré il y a quelques années, non sans humour, qu'il existait « bel et bien une guerre des classes mais c'est ma classe, la classe des riches qui fait la guerre et c'est nous qui gagnons ».

Pour l’instant, Buffet dit vrai, mais ce n’est que provisoire. L’histoire n’est pas finie.

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